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L'ACTUALITÉ DE LA GRANDE ÎLE DEPUIS 1929

Élections européennes 2024 : tensions et perturbations en Nouvelle-Calédonie

Les élections européennes du 9 juin 2024 en Nouvelle-Calédonie ont été marquées par des tensions et des perturbations significatives, compromettant un déroulement démocratique serein. Entre barrages routiers, couvre-feu et violences, l'exercice du vote a été fortement entravé, notamment dans les quartiers nord du Grand Nouméa.



Un contexte de violence et d'instabilité

Les quartiers de Dumbéa sur mer, Pic aux Chèvres, Koutio et Apogoti ont été particulièrement touchés par des heurts sérieux. Les forces de l'ordre ont dû intervenir à plusieurs reprises, et la quatre voies Savexpress a été bloquée au niveau de Païta vers Nouméa. Les automobilistes, pris dans le chaos, ont conseillé sur Facebook de rester chez soi, témoignant de l'ampleur des violences.


Des infrastructures attaquées

À Dumbéa, l'école Robert-Abel, prévue pour accueillir les électeurs, a été incendiée dès mercredi, renforçant la crainte du maire, Yoann Lecourieux, d'un nouveau coup des émeutiers. Il souhaitait ouvrir les bureaux de vote seulement entre 8 heures et 16 heures et réduire le nombre d'assesseurs pour minimiser les risques, mais ses demandes n'ont pas été entendues. La situation sécuritaire complexe a contraint les autorités à déployer des moyens considérables pour assurer le bon déroulement du scrutin.


Une forte présence sécuritaire

Pour organiser ces élections, l'État a levé l'état d'urgence le 28 mai et a envoyé en renfort pas moins de cinq escadrons de gendarmerie, deux compagnies de CRS et soixante membres du GIGN. Au total, près de 4 000 policiers et gendarmes étaient déployés sur un territoire de 270 000 habitants. Malgré cette présence massive, la participation restait faible, atteignant seulement 8,81 % à midi, un chiffre proche de celui de 2019 (8,13 %).


Des électeurs empêchés de voter

De nombreux électeurs ont été empêchés de se rendre sur leur lieu de vote en raison des barrages érigés dès le matin. Les 222 831 inscrits sur la liste générale devaient se rendre dans seulement 50 sites, où les 296 bureaux de vote habituels des 33 communes avaient été regroupés. Cette réorganisation, combinée aux violences, a rendu l'accès au vote particulièrement difficile. Un jeune homme de la communauté Wallisienne, accompagné de son père et de sa sœur, a témoigné de son impossibilité de rejoindre le bureau de vote de Dumbéa en venant de Saint-Quentin, qualifiant la situation de "guerre".


Les élections européennes 2024 en Nouvelle-Calédonie ont été fortement perturbées par des violences et des tensions. La faible participation et les difficultés d'accès aux bureaux de vote témoignent d'un climat d'insécurité qui a empêché un déroulement démocratique serein. La forte mobilisation des forces de l'ordre n'a pas suffi à garantir une pleine liberté de vote pour tous les électeurs, reflétant les défis auxquels la Nouvelle-Calédonie doit faire face en termes de stabilité et de sécurité. Pour que les futures élections puissent se dérouler dans des conditions optimales, il sera crucial de travailler à une pacification durable du territoire et à la réintégration de tous les citoyens dans le processus démocratique.

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