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L'ACTUALITÉ DEPUIS 1929

Andry Rajoelina : mégalomanie, manipulations et risques d'autoritarisme


La stratégie du clan Rajoelina a fait preuve d'une efficacité remarquable, bien que dépourvue d'élégance et de moralité. L'alliance qui s'est formée pour assurer sa réélection a fonctionné de manière coordonnée, impliquant des acteurs politiques, des institutions électorales, des forces de répression, et même l'appareil administratif. Cependant, la victoire au premier tour de l'élection présidentielle de 2023, dans des circonstances hautement contestées, continue de susciter des interrogations quant à son authenticité, en particulier en ce qui concerne le taux de participation déclaré de 46,36%, qui est largement perçu comme artificiel.


Au cœur de cette stratégie se trouve la mégalomanie d'Andry Rajoelina, un homme politique au caractère hypertrophié et à l'ego fragile. Il aspire à des réalisations grandioses, qu'il s'agisse de remporter une victoire au premier tour, de revendiquer un haut grade en art martial ou de laisser son empreinte dans des lieux sacrés. Les Malgaches ont souvent été témoins de ses extravagances, mais peu ont osé s'y opposer.


Rajoelina a toujours su s'entourer des alliances nécessaires pour concrétiser ses ambitions démesurées, que ce soit des experts en karaté, des membres de la noblesse trahis, des officiers pour réprimer l'opposition, ou des institutions et des fonctionnaires pour garantir sa victoire électorale. Cependant, il existe un point où la résistance a réussi à arrêter sa folie des grandeurs : le projet Tanamasoandro à Ambohitrimanjaka.


Malheureusement, la plupart des citoyens et des gardiens du Temple ont souvent cédé à la pression, que ce soit après le coup d'État de 2009 ou lors de l'initiative du téléphérique. L'argent a souvent été un puissant moteur pour étouffer les critiques.


Andry Rajoelina a choisi de forcer une victoire électorale au premier tour, malgré le manque flagrant de légitimité de cette méthode. La communauté internationale semble toutefois adopter une position moins complaisante que par le passé. L'absence d'ambassadeurs lors de la proclamation des résultats officieux et le contenu du communiqué de l'OIF témoignent de cette évolution. Cependant, l'issue reste incertaine, d'autant plus que le candidat français a prêté allégeance à la France, ce qui pourrait influencer les grandes puissances à soutenir le statu quo.


Il est à craindre que le clan Rajoelina, renforcé par sa victoire électorale, ne succombe davantage à la mégalomanie et à l'arrogance. Incapable de convaincre par des arguments, il pourrait chercher à imposer sa volonté par la force. Les forces de répression et le système judiciaire semblent prêts à soutenir ces dérives.


L'histoire de Madagascar a montré que les deuxièmes mandats présidentiels sont propices à l'exacerbation du pouvoir et à une dégradation de la gouvernance. Les arrestations de lanceurs d'alerte et de leaders syndicaux témoignent déjà de ces tendances autoritaires.

Cependant, l'histoire a également montré que la violence pour se maintenir au pouvoir a ses limites, et il est légitime de se demander jusqu'où ce régime basé sur la force pourra perdurer.

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