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L'ACTUALITÉ DE LA GRANDE ÎLE DEPUIS 1929

Conflit électoral à Madagascar: Vers une nouvelle crise politique?


La situation politique à Madagascar connaît des moments de tensions inédits alors que le pays s’apprête pour les élections présidentielles. La présence militaire renforcée devant le palais des Sports et de la Culture à Mahamasina illustre la pression montante sur les différents candidats. Mais la réaction du collectif des candidats est un indice non négligeable de l'impasse politique qui pourrait surgir.


Six des onze candidats, malgré l'interdiction d'entrer dans le palais des sports, ont défié cette décision, marchant en direction d'Analakely. La détermination des candidats face aux forces de l’ordre témoigne de la gravité de leurs revendications. Le porte-parole des candidats prévoit même d'investir la place du 13 mai si leurs demandes ne sont pas satisfaites.


L'enjeu majeur se trouve autour de la nationalité du président sortant Andry Rajoelina, accusé d’avoir une double nationalité franco-malgache. Si cette situation a suscité de vives polémiques, elle pose un problème de fond : est-ce que la double nationalité est compatible avec les hautes fonctions de l’État? L’opposition souligne que la constitution semble claire sur le sujet, mais la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) a validé la candidature de Rajoelina en estimant que ce dernier détient bien la nationalité malgache.


Derrière cette affaire se cache une autre question, tout aussi fondamentale : celle de l’impartialité des institutions de l’État. En effet, la HCC, dont les membres sont considérés comme étant proches de Rajoelina, a joué un rôle clé dans cette décision. Le débat s’étend alors à la nécessité de renouveler ou même remplacer la HCC par une Cour spéciale électorale, questionnant l’indépendance et l’intégrité de cette institution.


La situation devient d’autant plus complexe lorsque l’on évoque le fait que le président de la République en lice pour sa réélection doit démissionner 60 jours avant les élections. Toutefois, face à cette obligation, la HCC a confié la présidence intérimaire non pas au président du Sénat, comme stipulé, mais à un gouvernement collégial dirigé par le Premier ministre. Une telle décision atteste de la fragilité du processus électoral et des risques potentiels d’ingérence et de manipulation.


Ces événements posent la question de la légitimité des élections à venir. Avec la suspicion grandissante autour des institutions et de leur impartialité, une crise politique semble inévitable. Si les acteurs politiques majeurs tels que Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina ont connu par le passé des mouvements populaires issus de cette place emblématique, ils savent aussi que les conséquences peuvent être lourdes et douloureuses.


Le chemin vers des élections crédibles et apaisées s’annonce semé d’embûches. Le défi majeur pour Madagascar est de parvenir à un accord politique, garantissant la stabilité et le respect des principes démocratiques. Toutefois, le risque d'une répression violente, comme ce fut le cas dans le passé, reste un spectre menaçant sur l'île. La communauté internationale, ainsi que les citoyens malgaches, attendent avec impatience une issue pacifique à cette crise.

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