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L'ACTUALITÉ DE LA GRANDE ÎLE DEPUIS 1929

Elections européennes : le RN rompt avec l'AfD suite à des propos révisionnistes

À deux semaines des élections européennes, le Rassemblement national (RN) a pris une décision majeure en rompant avec l'Alternative pour l'Allemagne (AfD), son principal allié au sein du groupe Identité et démocratie (ID) au Parlement européen. Cette rupture intervient après des déclarations controversées de Maximilian Krah, tête de liste de l'AfD, dans des entretiens avec des quotidiens italien et britannique.



La décision du RN de se distancer de l'AfD n'est pas sans raison. Maximilian Krah, figure de proue de l'AfD pour les élections européennes, a récemment tenu des propos révisionnistes dans des entretiens avec La Repubblica et le Financial Times. Krah a affirmé que les membres des SS, l'organisation paramilitaire du régime nazi, ne devraient pas être automatiquement considérés comme des criminels : « Parmi les 900 000 SS, il y avait aussi beaucoup d'agriculteurs : il y avait certes un pourcentage élevé de criminels, mais ils ne l’étaient pas tous. » Ces propos ont été perçus comme une tentative de minimiser les atrocités commises par les SS et ont suscité une indignation généralisée.


Marine Le Pen tranche : fin de l'alliance avec l'AfD

Face à ces déclarations, Marine Le Pen, leader du RN, a décidé de mettre un terme à l'alliance avec l'AfD. « Ma religion est faite sur l’AfD, » confiait-elle en privé, soulignant que le parti allemand était désormais dominé par une frange trop radicale pour être un allié fiable. Cette décision a été confirmée publiquement par Alexandre Loubet, directeur de la campagne menée par Jordan Bardella, lors d'une interview accordée à Libération : « Nous ne siégerons plus avec eux lors du prochain mandat. »


Une décision qui complique la constitution d'un groupe parlementaire

Cette rupture avec l'AfD a des implications significatives pour le RN et la formation d'un groupe au Parlement européen. Selon les règles du Parlement européen, un groupe politique doit inclure des élus d'au moins sept pays différents. Sans l'AfD, il devient plus difficile pour le RN de rassembler suffisamment de partis pour atteindre ce seuil. Maximilian Krah n'a pas manqué de souligner ce défi dans son entretien à La Repubblica, mettant au défi le RN de former un groupe sans le soutien de l'AfD.


Un contexte politique délicat

Le contexte politique européen actuel rend cette décision particulièrement délicate pour le RN. À l'approche des élections, les partis d'extrême droite cherchent à s'unir pour maximiser leur influence au sein du Parlement européen. La rupture avec l'AfD, l'un des partis les plus influents de ce groupe, pourrait affaiblir la position du RN sur la scène européenne.


Réactions et perspectives

Les réactions à cette rupture ont été variées. Certains analystes politiques estiment que le RN a fait preuve de prudence en se distançant d'un partenaire devenu embarrassant. D'autres voient cette décision comme un risque calculé qui pourrait nuire à la capacité du RN de former des alliances stratégiques.


Pour le RN, la priorité est désormais de trouver de nouveaux alliés européens capables de combler le vide laissé par l'AfD. La constitution d'un groupe parlementaire solide est essentielle pour influencer les politiques européennes et promouvoir leur agenda. La tâche n'est pas aisée, mais le RN espère que cette décision de principe renforcera sa crédibilité et sa position à long terme.


Un choix stratégique audacieux

En rompant avec l'AfD, le RN a choisi de privilégier l'intégrité politique à court terme, au risque de compliquer ses efforts pour former un groupe au Parlement européen. Cette décision reflète une volonté de se démarquer des éléments les plus controversés de l'extrême droite européenne. À mesure que les élections approchent, il reste à voir si cette stratégie portera ses fruits et permettra au RN de maintenir ou même renforcer sa présence sur la scène politique européenne.

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