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L'ACTUALITÉ DE LA GRANDE ÎLE DEPUIS 1929

Fanirisoa Ernaivo saisit la HCC, Andry Nirina Rajoelina pourrait être déchu de son poste.

La Haute Cour Constitutionnelle (HCC) de Madagascar doit se prononcer sur la requête de Fanirisoa Ernaivo, qui conteste la nationalité malgache d'Andry Nirina Rajoelina. Si la HCC déclare la requête recevable et fondée, Rajoelina pourrait être déchu de son poste de président de la République.


Par une étonnante synchronicité en politique, la requête ardente de Fanirisoa Ernaivo visant à invalider la candidature d'Andry Nirina Rajoelina lors de l'élection présidentielle de 2018 a fait irruption à Ambohidahy le 14 juillet 2023, coïncidant avec la fête nationale française.


Déterminée et seule à porter le flambeau, la candidate arborant le dossard numéro 24 - juste derrière le 25 - s'est tournée vers la Haute Cour Constitutionnelle. Ses anciens collègues du Collectif des candidats se sont désistés ou ont préféré rester silencieux face à l'appel lancé depuis Paris par Fanirisoa Ernaivo, réclamant sans ambages l'invalidation de la candidature de l'ancien numéro 13. Elle soutient que ce dernier n'aurait pas satisfait à une « condition sine qua non » énoncée dans l'article 46 alinéa 1er de la Constitution, exigeant que « tout candidat aux fonctions de la République doit être de nationalité malagasy (...).


L'ancienne magistrate invoque l'article 42 de l'ordonnance n°60-064 du 22 juillet 1960 portant Code de la nationalité malgache, qui stipule que « Perd la nationalité malgache, le Malgache majeur qui acquiert volontairement une nationalité étrangère ». Selon la présidente du RMDM France, « Andry Rajoelina ne pouvait être candidat, car il avait perdu la nationalité malgache ». Cependant, elle semble volontairement ignorer l'article 46 qui prévoit que la perte de la nationalité malgache nécessite une autorisation du gouvernement, à la demande expresse de l'intéressé, ce qui n'était pas le cas en l'espèce.


La requérante aurait pu prévoir l'impasse, car en saisissant la HCC, elle ne pouvait ignorer l'article 120 in fine de la loi fondamentale stipulant que « les arrêts et décisions de la Haute Cour Constitutionnelle sont motivés, ils ne sont susceptibles d'aucun recours. Ils s’imposent à tous les pouvoirs publics ainsi qu’aux autorités administratives et juridictionnelles ». Cela inclut la Décision 26-HCC/D3 du 22 août 2018 qui a arrêté la liste définitive des candidats au premier tour de l'élection présidentielle du 07 décembre 2018. La HCC a vérifié scrupuleusement la régularité des dossiers à mesure de leur réception, concluant que les candidatures validées respectaient les exigences constitutionnelles, législatives et réglementaires, et que les candidats remplissaient les conditions d'éligibilité, y compris le candidat Andry Nirina Rajoelina, dont le dossier est arrivé en premier au greffe de la HCC.


La demande de Fanirisoa Ernaivo d'invalider la candidature de ce dernier équivaudrait donc à une annulation rétroactive de tous les actes que l'actuel locataire d'Iavoloha a signés et accomplis pendant plus de 4 ans. Cependant, le délai de recours en matière de contentieux relatif à l'élection présidentielle de 2018 est passé et dépassé, ce qui pourrait conduire la HCC à déclarer la requête irrecevable et non fondée. Un effort infructueux, comme une épée qui se brise en vain dans les eaux de la Seine à Paris, où l'exil de Fanirisoa Ernaivo lui confère une réputation familière d'agitation sur les réseaux sociaux, telle une rumeur insignifiante dérivant sur les rives du Lac Anosy, situé en contrebas de la HCC.

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