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L'ACTUALITÉ DE LA GRANDE ÎLE DEPUIS 1929

Flambée des prix du maïs : les éleveurs avicoles envisagent l'importation pour contrer la crise

Face à l'augmentation continue du prix du maïs, les professionnels de l'élevage en Madagascar prévoient de recourir à l'importation pour stabiliser le marché et protéger leurs activités.



Depuis le début de mai, le prix du maïs en Madagascar ne cesse d’augmenter à un rythme alarmant, atteignant actuellement entre 1 550 Ar et 1 600 Ar le kilo, contre 1 250 Ar à 1 300 Ar il y a seulement trois semaines. Cette hausse de l’ordre de 300 Ar/kg est une source majeure de préoccupation pour les éleveurs avicoles. Les membres de l’InterProfession Aviaire de Madagascar (IPA), une association regroupant les acteurs de la filière avicole, ont tiré la sonnette d'alarme, prédisant que sans intervention, le prix du maïs pourrait atteindre 3 000 Ar le kilo d’ici octobre ou novembre.


Impact sur la filière avicole

L'année dernière, le prix du maïs avait atteint un niveau historique de 2 700 Ar le kilo, forçant de nombreux aviculteurs à réduire de moitié leur cheptel, tandis que d'autres ont dû cesser leurs activités. La flambée actuelle des prix, alimentée par la spéculation, pourrait entraîner une répétition de ce scénario désastreux. Les éleveurs dénoncent une spéculation difficilement contrôlable, où le maïs est acheté à moindre prix auprès des producteurs pour être revendu à des tarifs exorbitants aux consommateurs. Cette situation met en péril l’ensemble de la filière avicole, déjà fragile.


Recours à l'importation

Pour contrer cette crise, les professionnels de l’élevage envisagent de recourir à l’importation du maïs, une solution déjà envisagée l’année dernière. Le maïs importé présente des avantages significatifs : il est plus compétitif en termes de prix et offre des approvisionnements plus sécurisés. Cette stratégie permettrait une meilleure prévision de l’utilisation de cette matière première essentielle à l’alimentation animale. Les professionnels espèrent que cette mesure temporaire aidera à stabiliser le marché et à protéger les éleveurs contre les fluctuations des prix locaux.


Les efforts de l'État et la production locale

Malgré les efforts considérables de l'État et des parties prenantes pour redynamiser la filière maïs, un déficit de production persiste. Les initiatives pour améliorer la production locale n'ont pas encore porté leurs fruits, exacerbant ainsi la dépendance aux importations. Cette situation complique davantage la tâche des éleveurs qui doivent naviguer entre des coûts élevés et une offre insuffisante.


Conséquences sur les consommateurs et l'économie

La montée en flèche du prix du maïs a des répercussions directes sur la filière avicole et, par extension, sur les consommateurs. Une augmentation des prix du poulet et des œufs est inévitable, ce qui rendra ces produits de base inaccessibles pour de nombreux foyers en raison de la baisse du pouvoir d’achat. De plus, la hausse des prix du maïs pourrait forcer d’autres petits éleveurs à cesser leurs activités, augmentant ainsi le taux de chômage et aggravant la précarité économique.


Appel à une action concertée

Les membres de l’IPA appellent à une action concertée entre le gouvernement, les producteurs et les consommateurs pour trouver des solutions durables à cette crise. Ils plaident pour une régulation stricte du marché du maïs pour empêcher les spéculations et stabiliser les prix. Des mesures doivent être prises pour augmenter la production locale et réduire la dépendance aux importations à long terme.


Une stratégie à long terme nécessaire

La crise actuelle du maïs met en lumière les vulnérabilités structurelles de la filière avicole à Madagascar. Si l’importation peut offrir un répit à court terme, il est crucial de développer une stratégie à long terme pour stabiliser la production et les prix du maïs. Une approche intégrée impliquant le gouvernement, les agriculteurs et les professionnels de l’élevage est essentielle pour garantir la durabilité de la filière et la sécurité alimentaire du pays. La transparence, la régulation et le soutien aux producteurs locaux doivent être les piliers de cette stratégie.

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