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L'ACTUALITÉ DE LA GRANDE ÎLE DEPUIS 1929

Francis Mer : la disparition d'un géant de l'industrie


Francis Mer, l'ancien PDG d'Arcelor et ministre de l'économie, est décédé le 1er novembre à l'âge de 84 ans. Patron de la sidérurgie française pendant près de deux décennies, il fut l'un des rares chefs d'entreprise de son envergure à faire le saut vers la sphère politique. Son parcours atypique et sa contribution à l'industrie et à la politique française méritent d'être célébrés.


Un parcours unique

Francis Mer est né à Pau en 1939. Après des études à Polytechnique (X-59) et à l'école des Mines, il a passé quatre ans au service de l'État avant de rejoindre Saint-Gobain en 1971. Rapidement, il a gravi les échelons pour devenir PDG de plusieurs filiales, y compris Pont-à-Mousson, un pôle majeur du groupe de verre et de matériaux.


Cependant, c'est en 1986 que Francis Mer est sorti de l'ombre lorsque le gouvernement Chirac l'a nommé à la tête d'Usinor. Sa mission était de poursuivre la restructuration de l'industrie sidérurgique, qui avait été lancée dix ans plus tôt dans la région lorraine. Il a intégré Sacilor dans Usinor, qu'il a continué de diriger après sa privatisation en 1995. Puis, en 2001, il a créé Arcelor en fusionnant son groupe avec le luxembourgeois Arbed et l'espagnol Aceralia, en faisant ainsi le premier aciériste mondial.


Héritage industriel

Sous la direction de Francis Mer, l'industrie sidérurgique française a connu des transformations significatives. Le nombre d'employés est passé de 116 000 à 46 000 salariés. L'État a injecté 100 milliards de francs dans le secteur entre 1975 et 1995, principalement pour financer des préretraites à l'âge de 55 ans et des programmes de formation. Ces efforts ont permis de moderniser l'industrie et d'améliorer sa situation.


Un pas vers la politique

En plus de sa carrière industrielle impressionnante, Francis Mer a fait le choix audacieux de s'engager en politique. Il est devenu ministre de l'économie et des finances dans les deux premiers gouvernements de Jean-Pierre Raffarin de 2002 à 2004. Cette transition du monde des affaires à la politique est souvent risquée, mais Francis Mer a su faire preuve d'une éthique intransigeante et d'une loyauté intégrale dans sa nouvelle carrière.


La disparition de Francis Mer marque la fin d'une époque pour l'industrie sidérurgique française et la politique française. Son héritage perdurera dans l'histoire de ces deux domaines, et il restera un exemple d'excellence et d'engagement pour les générations futures.

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