Gestion transparente et efficace : la feuille de route du Ministère des Transports et de la Météorologie pour la rénovation
- TAHINISOA Ursulà Marcelle
- il y a 1 heure
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La matinée du 28 novembre 2025 a marqué un temps fort pour le Ministère des Transports et de la Météorologie (MTM). Dans un lieu où se côtoyaient médias nationaux et internationaux, le ministre Raharisone Juste Crescent a choisi de s’adresser directement à la presse afin d’exposer l’état des lieux de son département, clarifier ses priorités et réaffirmer les méthodes de travail qu’il entend mettre en œuvre dans le cadre de la Rénovation de Madagascar. L’exercice n’avait rien d’une simple prise de parole protocolaire. Le ministre a cadré son propos autour d’une exigence devenue leitmotiv de l’action gouvernementale actuelle : la transparence, l’efficacité et la matérialité des résultats. Dès les premiers échanges, la tonalité a été donnée. Il ne s’agit plus de promettre, mais de faire. Il ne s’agit plus de gérer dans l’opacité, mais d’avancer à visage découvert. Et il ne s’agit plus de tolérer les dérives du passé, mais de les corriger au prix d’une rupture assumée.
Face à la diversité des dossiers traités par le MTM, le ministre a déroulé une feuille de route structurée autour de secteurs jugés stratégiques pour le pays : le transport aérien, le transport ferroviaire, la logistique nationale, et la gouvernance interne. Au-delà des annonces, cette rencontre a surtout permis de mettre en lumière une philosophie d’action : identifier les urgences, concentrer l’énergie de l’administration sur des objectifs à effet immédiat sur la population, et rendre compte publiquement des efforts engagés. Dans un contexte où les attentes sociales sont élevées, où les infrastructures sont perçues comme un levier direct sur la vie quotidienne, et où la confiance dans la gestion publique reste fragile, la conférence a servi de point d’ancrage politique. Le ministre a détaillé les leviers à sa disposition, les partenariats déjà amorcés et les chantiers en cours, tout en insistant sur un principe de responsabilité collective : l’État doit se rénover, et le MTM veut en être l’un des moteurs.

Des actes, pas des discours : la nouvelle méthode du MTM
Le ministre Raharisone Juste Crescent a placé son intervention sous le signe d’une injonction venue du Premier ministre : le pays a besoin d’actions concrètes. Cette consigne, répétée à plusieurs reprises au cours de la conférence, ne relève pas de la rhétorique. Elle sert de cadre à la réorientation interne du ministère. Selon lui, la Rénovation de Madagascar exige une administration qui ne se contente plus de planifier, mais qui livre des résultats palpables. Cette ligne directrice suppose une rupture avec les habitudes de gouvernance installées pendant des années, où les projets pouvaient se perdre dans les lenteurs, les ambiguïtés de décision, ou les circuits opaques.
Dans cette logique, le MTM entend privilégier les réalisations urgentes ayant un impact direct sur la population. Le ministre a insisté sur l’idée que la crédibilité de l’action publique ne dépend pas seulement du volume de dossiers ouverts, mais de la capacité réelle à transformer ces dossiers en services concrets. Il a aussi évoqué un changement de culture au sein de son département : faire preuve de rigueur dans la planification, mais surtout dans l’exécution. Cette rigueur passe par une articulation plus claire entre les priorités ministérielles et les orientations du gouvernement, afin d’éviter les dispersions. Elle passe également par une méthode de suivi plus serrée des projets, avec une vigilance accrue sur les délais, les engagements budgétaires et la qualité des résultats attendus.
Le ministre a présenté cette approche comme une réponse à l’urgence sociale. Pour lui, les infrastructures de transport, qu’elles soient aériennes ou ferroviaires, ne sont pas des sujets techniques réservés aux spécialistes. Elles structurent le quotidien des citoyens : accès aux marchés, mobilité urbaine, prix des marchandises, sécurité des déplacements. En ce sens, agir rapidement signifie aussi agir là où les effets seront visibles, mesurables et ressentis. Le message adressé à la presse était autant une déclaration de méthode qu’un engagement politique : le ministère refuse désormais l’immobilisme, et s’impose un devoir de résultats.
Transport aérien : transparence et redressement des entreprises publiques
Parmi les priorités exposées, la remise à niveau du secteur du transport aérien occupe une place centrale. Le ministre a reconnu la sensibilité du dossier, tout en affirmant que les démarches nécessaires ont déjà été engagées. Il a indiqué avoir entamé des échanges avec les partenaires du domaine, signe que le MTM recherche à la fois une coopération technique et un appui stratégique. Cette prise de contact est présentée comme une condition préalable à la relance, dans un secteur où les enjeux financiers, organisationnels et institutionnels sont étroitement liés.
Le ministre a particulièrement insisté sur le rôle des entreprises publiques du secteur aérien : Madagascar Airlines, l’Aviation Civile de Madagascar (ACM) et ADEMA. Selon lui, l’avenir du transport aérien malgache dépend de la capacité de ces structures à fonctionner de manière transparente. La transparence est ici présentée non comme un idéal abstrait, mais comme un outil de redressement lui-même. Le ministre a expliqué que si la gestion de ces entités devient claire, lisible et responsable, alors le remboursement des dettes accumulées depuis de nombreuses années pourra être envisagé sérieusement. Derrière cette phrase, un principe politique apparaît nettement : le redressement ne se fera pas par l’injection aveugle de moyens, mais par la restauration de pratiques saines.
Cette orientation implique de revoir les mécanismes internes de gestion et de contrôle. Le ministre n’a pas détaillé publiquement toutes les modalités envisagées, mais il a posé le cadre : il n’y aura pas de relance durable sans une gouvernance fiable. Il s’agit de rompre avec les zones d’ombre qui ont pu fragiliser les entreprises publiques, de renforcer la traçabilité des décisions, et de responsabiliser chaque niveau de direction. En filigrane, la stratégie repose sur une double approche : assainir d’abord, relancer ensuite. Une relance qui n’intégrerait pas cette étape risquerait de reproduire les difficultés passées.
Le ministre a également laissé entendre que ces efforts d’assainissement doivent permettre de restaurer la confiance des partenaires. Car dans le transport aérien, la crédibilité financière, la stabilité administrative et la cohérence des choix sont des critères décisifs. Le MTM parie sur une transparence structurante : elle permettrait de clarifier les engagements, sécuriser les opérations, et ouvrir la voie à une remontée progressive du secteur. Ainsi, le transport aérien, souvent perçu comme un symbole de connectivité nationale et internationale, devient un terrain prioritaire de la Rénovation souhaitée.
Relancer le ferroviaire : retour du train urbain et modernisation des lignes vitales
Sur le transport ferroviaire, la parole du ministre a été directe et attendue. Interrogé par les journalistes, il a assuré que le train urbain à Antananarivo sera relancé prochainement. Cette annonce renvoie à une forte attente des usagers de la capitale, pour lesquels le transport par train représente une réponse aux difficultés de mobilité quotidienne. Le ministre a exprimé une volonté de concrétiser cette relance non comme un geste symbolique, mais comme un outil de désengorgement et de modernisation pratique.
Au-delà de la capitale, le MTM accorde une attention particulière à la ligne FCE (Fianarantsoa-Côte Est). Le ministre a rappelé le caractère vital de cet axe pour plusieurs zones enclavées. Son importance n’est pas seulement logistique : elle est sociale et économique. Dans les territoires concernés, la ligne constitue un lien essentiel entre communautés, marchés, services et opportunités. La replacer au cœur des priorités ministérielles signifie reconnaître que la Rénovation concerne aussi les espaces éloignés, et pas uniquement les grands centres urbains.
Le ministre a également évoqué les travaux en cours sur la ligne TCE (Tananarive–Côte Est), reliant Antananarivo à Toamasina. Cet axe a été présenté comme stratégique pour le transport des marchandises. L’objectif affiché est clair : faciliter la circulation des biens et réduire la pression sur la RN2. Par cette affirmation, le ministre rappelle que le rail doit jouer un rôle complémentaire à la route, et non rester une option marginale. Dans une logique d’aménagement cohérent, l’État cherche à rééquilibrer les flux de transport, et à redonner au train une utilité centrale.
Une dimension particulière a été soulignée : l’acheminement des carburants. Le ministre a indiqué que la ligne TCE est essentielle pour améliorer ce transport spécifique. La référence laisse entendre que les infrastructures ferroviaires peuvent contribuer à sécuriser et fluidifier des chaînes logistiques critiques. Sans entrer dans un niveau technique détaillé, le propos souligne l’effet attendu sur l’économie nationale : mieux acheminer le carburant, c’est réduire les risques de rupture, limiter les surcoûts liés aux engorgements routiers, et stabiliser un élément vital de l’activité.
Dans l’ensemble, la relance ferroviaire est présentée comme un pilier de la Rénovation. Elle implique des chantiers matériels, certes, mais aussi une réorganisation des priorités nationales : remettre le rail au service de la population, en garantissant des lignes fiables, fonctionnelles et adaptées aux besoins actuels.
Gouvernance sans complaisance : transparence, enquêtes et culture de responsabilité
L’un des moments les plus marquants de la conférence a été le passage consacré à la gouvernance interne et à l’assainissement de la gestion publique. Le ministre a salué la volonté du gouvernement actuel de rendre la gestion plus saine, notamment au sein du MTM. Il a affirmé que tous les membres du gouvernement sont mobilisés pour poursuivre ceux qui pillent les ressources nationales ou sont impliqués, directement ou indirectement, dans la mauvaise gestion des fonds publics.
Le choix des mots est fort, mais le ministre l’a assumé. Il ne s’agit pas d’un avertissement vague : c’est une posture de changement institutionnel. Selon lui, le pays a trop longtemps souffert de dérives silencieuses, de pratiques de détournement ou de négligence administrative. La Rénovation implique donc un assainissement frontal. Dans cette vision, la transparence doit être imposée comme norme, et la responsabilisation comme réflexe quotidien.
Le ministre a également tenu à dissiper les inquiétudes au sein de l’administration. Il a déclaré que ceux qui accomplissent leur travail correctement n’ont aucune raison d’avoir peur, quel que soit le niveau de pression ou d’intimidation. À l’inverse, ceux qui ont fauté doivent désormais trembler. Ce double message vise autant à protéger les agents intègres qu’à isoler les pratiques nuisibles. Il comporte une dimension morale et psychologique : restaurer la confiance des fonctionnaires qui travaillent honnêtement, et briser le sentiment d’impunité chez ceux qui se sont servis dans la faiblesse des contrôles.
C’est dans cette perspective que le ministre a mentionné les enquêtes en cours. Sans en révéler les détails, il a présenté ces investigations comme un outil de rétablissement d’un véritable État de droit. L’expression n’est pas anodine. Elle suggère que l’État ne se contente plus de gérer, mais veut imposer un cadre de gouvernance transparent et légal, dans lequel l’intérêt public prime sur les intérêts particuliers.
Derrière cette approche, une transformation culturelle est recherchée. La transparence ne doit pas être un slogan, mais une mécanique quotidienne : rendre compte, vérifier, tracer, sanctionner si nécessaire. Le ministre a ainsi présenté la gouvernance du MTM comme un chantier parallèle à celui des infrastructures. Dans une logique de Rénovation, le redressement technique et le redressement éthique avancent ensemble. L’un sans l’autre ne tiendrait pas.
Une rénovation portée par la cohérence et l’urgence nationale
À travers l’ensemble de ses propos, le ministre Raharisone Juste Crescent a construit une narration cohérente : la Rénovation de Madagascar passe par des priorités concrètes, une synchronisation avec les orientations gouvernementales et une exigence de transparence à tous les niveaux. Les dossiers abordés, du transport aérien au ferroviaire, montrent un ministère qui veut agir sur des leviers directement liés à la vie économique et sociale du pays. Mais la dimension la plus structurante reste celle de la méthode : identifier les urgences, travailler dans la transparence, et assumer les responsabilités.
Le ministre a insisté sur la nécessité de s’attaquer aux secteurs où l’effet sur la population sera immédiat. Relancer un train urbain, améliorer une ligne vitale, redresser une compagnie aérienne publique, ce ne sont pas de simples chantiers administratifs. Ce sont des actions destinées à transformer la mobilité, la circulation des biens et la confiance collective dans l’État. Dans une société où l’attente de justice et d’équité est forte, rendre la gestion publique plus saine devient aussi important que poser de nouveaux rails ou remettre des avions en service.
Son intervention a également rappelé que la Rénovation n’est pas un projet isolé du MTM. Elle est partagée avec le gouvernement et s’inscrit dans un effort collectif. En exposant publiquement ses priorités, le ministre s’est placé dans une logique de redevabilité : l’administration doit être lisible, jugée par ses résultats, et corrigée si elle s’écarte de ses objectifs. La rencontre avec la presse a donc valeur de contrat moral : le MTM expose sa feuille de route devant l’opinion, et accepte le regard critique comme un moteur de sérieux.
Il ressort de cette matinée un MTM qui veut conjuguer urgence et long terme. Urgence parce que les besoins de transport sont quotidiens et pressants. Long terme parce que l’assainissement de la gouvernance et la reconstruction des infrastructures sont des œuvres de fond. Le ministre a voulu rassurer sur la continuité de l’effort, tout en affirmant une rupture avec les pratiques opaques.
En définitive, la conférence du 28 novembre 2025 n’a pas seulement livré un catalogue de priorités. Elle a dessiné une logique d’action : le MTM se veut un ministère de résultats, dans un État rénové par la transparence. La relance aérienne et ferroviaire, l’assainissement interne et la responsabilité de chacun composent une même trajectoire. Une trajectoire qui, selon le ministre, ne doit plus être freinée par les discours, mais portée par les actes.