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L'ACTUALITÉ DE LA GRANDE ÎLE DEPUIS 1929

Itasy – Ambatofinandrahana : fermeture de deux stations de radio privée

Le ministère de la Communication et de la Culture a ordonné la fermeture de deux stations de radio privée, suscitant une controverse politique en pleine campagne électorale.



Dans un climat électoral tendu, la ministre de la Communication et de la Culture par intérim a pris une décision drastique : fermer deux stations de radio privée. La station de Radio Fivoharana 88.2 Mhz, située à Arivonimamo dans la région Itasy, et la station de Radio RFB 103.4 Mhz, située à Ambatofinandrahana, ont été contraintes de cesser leurs émissions immédiatement après réception d’une lettre officielle du ministère. Cette lettre, signée par le directeur général de la Communication, enjoint les stations de mettre fin à leurs diffusions sous peine de poursuites judiciaires.


Des candidats en ligne de mire

Les deux stations de radio fermées appartiennent à des figures politiques influentes. La Radio Fivoharana est la propriété d’Antoine Rajerison, candidat de l’Association Fivoi aux élections législatives du 29 mai. Cette station avait diffusé en boucle la campagne d’Antoine Rajerison, augmentant ainsi sa popularité dans le district d’Arivonimamo. Rajerison, jouissant d’une cote de popularité croissante, devenait une menace sérieuse pour le candidat du pouvoir, déjà confronté à plusieurs adversaires de taille dans la région.


De son côté, la station de Radio RFB est associée à Christine Razanamahasoa, ancienne présidente de l’Assemblée nationale et candidate indépendante. Razanamahasoa, récemment excommuniée par la plateforme au pouvoir, se montre dérangeante pour le régime en place. La fermeture de sa station intervient à un moment où des hauts dignitaires du régime se sont déplacés jusqu’au district d’Amoron’i Mania pour contrer son influence électorale.


Justifications légales

Le ministère de la Communication et de la Culture a justifié ces fermetures en invoquant des violations légales. Selon le ministère, la station de Radio Fivoharana ne disposait ni d’une licence d’exploitation, ni d’une autorisation pour l’extension de sa zone de couverture. Le ministère a rappelé que les activités de communication médiatisée, incluant la radio et la télévision, sont régies par des lois strictes, notamment la loi 2016-029 du 24 août 2016 et la loi 2020-006 du 1er septembre 2020, modifiant et complétant les précédentes lois relatives à la communication médiatisée et aux télécommunications.


Réactions politiques et implications

La décision de fermer ces stations a immédiatement été interprétée comme un acte politique. Les partisans des candidats affectés voient dans cette décision une tentative du régime de museler l’opposition et d’influencer le processus électoral. La fermeture de ces stations de radio en pleine campagne électorale renforce la perception d’une utilisation des institutions étatiques pour des fins politiques.


Un climat électoral tendu

La campagne électorale actuelle est marquée par une absence de débat de fond entre les candidats. Les activités des candidats se sont concentrées sur des actions sociales et caritatives, souvent financées par des moyens considérables. Les distributions de vivres, de gadgets et de biens matériels sont courantes, reflétant un afflux d’argent dans la campagne. Cette situation exacerbe les tensions et soulève des questions sur l’équité du processus électoral.


L'importance de la réglementation

Bien que la fermeture des stations soit controversée, elle met en lumière l’importance de la réglementation dans le secteur des médias. Les lois en vigueur visent à garantir un cadre équitable et transparent pour toutes les parties prenantes. Cependant, l'application de ces lois en période électorale doit être perçue comme juste et impartiale pour éviter des accusations de partialité.


La fermeture des stations de radio Fivoharana et RFB à Itasy et Ambatofinandrahana par le ministère de la Communication et de la Culture en pleine campagne électorale est un événement majeur qui a des implications politiques significatives. Les justifications légales fournies par le ministère sont confrontées à des perceptions d’injustice et d’abus de pouvoir. Alors que la campagne électorale entre dans sa phase finale, ces décisions continueront de susciter des débats et de déterminer l'issue du scrutin du 29 mai.

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