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L'ACTUALITÉ DE LA GRANDE ÎLE DEPUIS 1929

Législatives 2024 : en Nouvelle-Calédonie, une campagne électorale au pire moment

En pleine crise insurrectionnelle et après un scrutin européen marqué par une abstention de 86,87 %, la Nouvelle-Calédonie se trouve dans une situation particulièrement tendue pour lancer une campagne électorale.



À l'annonce de la convocation des élections législatives les 30 juin et 7 juillet par le président de la République, les réactions des élus néo-calédoniens reflètent une profonde inquiétude quant à l'opportunité de mener une campagne électorale dans un contexte de crise.


Une abstention record et une crise persistante

Le récent scrutin européen a révélé une abstention massive de 86,87 %, illustrant le désintérêt ou l'impossibilité des habitants de participer au processus électoral. Simultanément, la Nouvelle-Calédonie entame sa cinquième semaine de crise insurrectionnelle, avec des violences persistantes et un couvre-feu en vigueur de 6 heures à 18 heures jusqu'au 17 juin. Cette situation rend difficile la tenue de réunions publiques et entrave la campagne électorale.


Les élus expriment leurs préoccupations

Philippe Dunoyer, député Renaissance et membre de Calédonie ensemble, a souligné que la période actuelle est « le pire des moments pour une campagne électorale ». Cette inquiétude est partagée par Nicolas Metzdorf, également député du Caillou et membre de la majorité présidentielle, mais adversaire politique de Dunoyer. Metzdorf a critiqué la décision du président Macron, affirmant que « les campagnes participent toujours à exacerber les tensions » et que le président a pris cette décision en regardant uniquement sous le prisme national.


Une politique de l'urgence critiquée

Jean-Pierre Djaïwé, responsable du Parti de libération kanak (Palika), a également exprimé des réserves, critiquant ce qu'il perçoit comme une politique de l'urgence de la part d'Emmanuel Macron. Selon lui, cette approche n'est pas constructive et risque de mener à l'échec. Djaïwé souligne que les Calédoniens n'ont pas encore retrouvé la sécurité et les libertés publiques, et que la dissolution impose de se concentrer sur des élections alors que ce n'est pas leur priorité actuelle.


Des conditions électorales difficiles

Le climat de violence et le couvre-feu compliquent considérablement la campagne. Les réunions publiques sont difficiles à organiser, et la méfiance envers les institutions locales est palpable. Les élus néo-calédoniens en place, qu'ils soient de la majorité ou de l'opposition, sont souvent perçus comme décrédibilisés. Cette perception complique davantage le travail des candidats qui doivent convaincre un électorat désabusé et préoccupé par des enjeux plus immédiats que les élections législatives.


Une campagne sous haute tension

La campagne électorale en Nouvelle-Calédonie s'annonce donc particulièrement tendue et incertaine. Les candidats devront naviguer dans un environnement marqué par des tensions sociales et politiques élevées, tout en tentant de mobiliser un électorat largement désengagé. La réussite de cette campagne dépendra en grande partie de la capacité des candidats à répondre aux préoccupations immédiates des citoyens et à rétablir un minimum de confiance dans le processus électoral.


Le lancement des élections législatives en Nouvelle-Calédonie intervient dans un contexte extrêmement délicat, marqué par une crise insurrectionnelle persistante et une abstention record. Les réactions des élus locaux soulignent l'inquiétude et les défis majeurs que pose cette campagne. Les candidats devront faire preuve de résilience et de créativité pour surmonter ces obstacles et mobiliser un électorat en proie au doute et à la défiance.

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