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L'ACTUALITÉ DE LA GRANDE ÎLE DEPUIS 1929

La filière vanille malgache sous la menace du blanchiment d'argent

La vanille malgache est confrontée à de graves accusations de blanchiment d'argent, mettant en péril l'intégrité de toute la filière.



La filière vanille à Madagascar traverse une crise profonde. Après l'échec du marché dirigé et la libéralisation des exportations, des pratiques suspectes comme le blanchiment d'argent viennent assombrir encore davantage le secteur.


Une libéralisation problématique

En 2020, dans le but de protéger les planteurs de vanille, le ministère de l'Industrialisation, du Commerce et de la Consommation a instauré un prix minimum de 75 000 ariary par kilo pour la vanille verte et de 250 dollars pour la vanille préparée à l'exportation. Cependant, après trois ans de tentative infructueuse, cette réglementation a été abandonnée au profit d'une libéralisation totale. Ce changement radical n'a malheureusement pas résolu les problèmes de la filière, aggravant même la situation des producteurs face à une concurrence internationale croissante.


Des prix de vente suspects

Les exportateurs honnêtes de vanille se retrouvent en difficulté face à des concurrents proposant des prix de vente bien en dessous des coûts de revient. Par exemple, certaines offres à destination des États-Unis sont de 22 dollars le kilo, alors que le coût total de production et de livraison est estimé à 33,5 dollars par kilo. Cette différence de prix soulève des suspicions de pratiques frauduleuses, notamment de blanchiment d'argent, orchestrées par des opérateurs peu scrupuleux en connivence avec des politiciens véreux.


Le coût réel de la vanille

Pour comprendre l'incongruité des prix proposés par certains exportateurs, il est important de détailler les coûts réels. Le prix de la vanille préparée est actuellement de 72 500 ariary par kilo, soit environ 16,5 dollars avec un taux de change de 4 400 ariary pour un dollar. À cela s'ajoutent divers frais : 4 dollars pour la charge d'exploitation, 4 dollars pour les redevances au Conseil National de la Vanille (CNV), 2 dollars de frais de mise à FOB, et 7 dollars de fret, portant le coût total à 33,47 dollars par kilo. Vendre à 22 dollars le kilo est donc économiquement inviable sans une activité illicite sous-jacente.


La menace du blanchiment d'argent

Les suspicions de blanchiment d'argent dans la filière vanille sont prises très au sérieux. Des opérateurs malhonnêtes pourraient utiliser ces ventes à bas prix pour blanchir des fonds, nuisant gravement à l'image et à l'intégrité de l'industrie. Ces accusations nécessitent une enquête approfondie des autorités compétentes, notamment du Pôle anticorruption, pour protéger la filière et les producteurs honnêtes.


L'impact sur les producteurs et le marché

Les pratiques suspectes et les prix de vente déloyaux pénalisent lourdement les producteurs de vanille malgache. De nombreux planteurs, initialement encouragés par des promesses de prix élevés, se retrouvent aujourd'hui à vendre leur vanille verte à des prix dérisoires, parfois aussi bas que 15 000 ariary par kilo. Cette situation engendre une profonde frustration et une détresse économique chez les producteurs, compromettant leur subsistance et leur motivation à continuer cette culture précieuse.


Appel à la vigilance et à l'équité

Pour préserver la filière vanille, il est crucial que les acheteurs internationaux refusent de collaborer avec les acteurs impliqués dans des activités de blanchiment d'argent. Une vigilance accrue et un engagement pour des pratiques équitables sont essentiels pour garantir un marché juste et transparent. Les opérateurs honnêtes lancent un appel aux acheteurs pour qu'ils soutiennent les producteurs légitimes et contribuent à assainir la filière.


La filière vanille malgache est à un tournant critique. Les accusations de blanchiment d'argent et les pratiques commerciales déloyales menacent non seulement l'intégrité du marché, mais aussi la survie des producteurs locaux. Une action rapide et décisive est nécessaire pour enquêter sur ces allégations et mettre en place des mesures pour protéger l'industrie. La communauté internationale et les autorités locales doivent collaborer pour garantir que la vanille malgache, une ressource précieuse, soit produite et commercialisée de manière éthique et durable.

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