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L'ACTUALITÉ DE LA GRANDE ÎLE DEPUIS 1929

La tournée présidentielle : entre critiques et stratégies

Plongez dans les dessous de la tournée présidentielle d'Andry Rajoelina, vivement critiquée par l'opposition pour ses implications électorales.



Alors que la campagne électorale pour les législatives bat son plein, la tournée présidentielle d'Andry Rajoelina suscite de vives réactions. L'opposition y voit une manœuvre pour influencer les élections, dénonçant un non-respect flagrant de la loi électorale.


Une stratégie électorale dénoncée

Une semaine après le début officiel de la campagne électorale pour les législatives, le président Andry Rajoelina a entamé une tournée qui fait couler beaucoup d’encre. L’opposition accuse cette tournée d’être une stratégie pour booster les candidats du parti au pouvoir, IRMA (Isika Rehetra Miaraka amin’i Andry Rajoelina). « Qu’on le veuille ou non, cette tournée aura des influences sur le choix des électeurs aux élections législatives », a déclaré Me Hanitra Razafimanantsoa, candidate du parti Firaisankina dans le premier arrondissement de la capitale, lors d’un Talk Show Miara-Manonja. Elle a pointé du doigt l’agenda présidentiel qui se termine le 27 mai, dernier jour de la campagne électorale, soulignant une coïncidence troublante.


La loi électorale non respectée ?

L’article 61 de la loi organique 2018-08, relatif au régime général des élections et des référendums, stipule clairement que « toute inauguration officielle est interdite pendant la durée de la campagne électorale ». Hanitra Razafimanantsoa a affirmé que le président Andry Rajoelina ne respecte pas cette disposition, le qualifiant de président « de son parti et de ses partisans », et non de tous les Malgaches. Le même article précise également qu'« aucune annonce majeure visant à créer une perception favorable envers un parti politique, un candidat ou une liste de candidats ne doit être faite par l’Administration de l’État ou des collectivités territoriales décentralisées pendant la période de la campagne électorale ». L’opposition a de nouveau interpellé la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) et la Haute Cour Constitutionnelle (HCC), rappelant les avertissements du président de la HCC, Florent Rakotoarisoa, sur la tolérance zéro envers ceux qui ne respectent pas la loi.


Éviter le terme "Inauguration"

Pour contourner les critiques, les équipes du président Rajoelina évitent soigneusement d'utiliser le terme « inauguration » dans leur communication, préférant parler de « descentes sur terrain » pour offrir les infrastructures nouvellement construites et réaliser la vision de l’État dans l’amélioration de la situation sociale des populations. Ainsi, des kits solaires, des centres de santé de base de niveau II (CSBII), et d’autres infrastructures seront offerts à la population. À Fianarantsoa, des artistes étaient même présents pour attirer plus de monde.


Une crise de confiance au sein de l'IRMAR

La tournée présidentielle met en lumière une crise de confiance au sein de l’IRMAR. « Le président doute-t-il des candidats du pouvoir pour qu’il se sente obligé d’entrer en campagne ? », se demande-t-on dans les rangs de l’opposition. Les déplacements de Rajoelina se concentrent principalement dans des districts où les candidats de l'opposition sont perçus comme menaçants. Parmi les districts visités figurent Vakinankaratra, où le parti TIM est bien positionné, ainsi que Ikongo, Ampanihy, Toleara 1 et Ambatofinandrahana. Le 27 mai, dernier jour de la campagne, Andry Rajoelina se rendra à Ambatondrazaka, un district où la liste IRMAR affronte Fidèle Razara Pierre, un candidat redoutable.


Tensions croissantes

Les tensions montent à Ambatondrazaka, où l’élu local a mis en garde contre toute tentative de perturbation de la campagne par les partisans de Rajoelina. « Qu’il vienne, mais qu’on nous laisse tranquille avec notre campagne. Dans le cas contraire, nous n’hésiterons pas, avec nos partisans, à venir en nombre à leur meeting », a-t-il prévenu sur les ondes de l’AZ-Radio.


Un enjeu électoral crucial

La tournée présidentielle, bien que controversée, reflète les enjeux cruciaux des prochaines législatives. Pour le président Rajoelina, il s’agit de consolider le soutien à son parti et de garantir une majorité législative. Pour l’opposition, c’est l’occasion de dénoncer les abus de pouvoir et de mobiliser leurs bases. Les onze jours précédant le scrutin du 29 mai seront déterminants pour l’avenir politique de Madagascar, avec une campagne qui promet d’être intense et riche en rebondissements.


La démocratie en question

La tournée présidentielle d’Andry Rajoelina, perçue comme une campagne déguisée par l’opposition, soulève des questions sur le respect des règles démocratiques à Madagascar. Alors que la campagne électorale se poursuit, les débats sur l'équité et la transparence des élections législatives s'intensifient, mettant en lumière les défis auxquels est confronté le processus démocratique dans le pays.

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