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L'ACTUALITÉ DE LA GRANDE ÎLE DEPUIS 1929

Le Maroc et l'indépendance en gestion de crise : une leçon contre le "paternalisme humanitaire"


Le tremblement de terre dévastateur qui a secoué les régions montagneuses du Sud marocain le 8 septembre dernier a fait ressortir une question sous-jacente, mais cruciale : celle de la géopolitique de l'aide d'urgence. Bien que près de 3 000 personnes aient perdu la vie et que des milliers d'autres aient été blessées, le Maroc a refusé l'aide humanitaire proposée par la France. Ce choix éclaire non seulement la capacité du Maroc à gérer des crises d'ampleur, mais révèle également une problématique plus large autour de ce qu'on pourrait appeler le "paternalisme humanitaire" de l'Occident.


Rejet de l'aide : une question de souveraineté ou de fierté ?

Beaucoup ont été prompts à interpréter le refus du Maroc comme un geste de mépris envers son ancien protectorat, la France. Certains l'ont même vu comme une indication de tensions diplomatiques refoulées. Cependant, cette interprétation néglige le fait que le Maroc, en tant que cinquième puissance économique d'Afrique, a montré qu'il pouvait évaluer et répondre efficacement à ses propres besoins en matière de crise sanitaire.


Capable et compétent : le rôle des institutions marocaines

L'armée et la sécurité civile marocaines ont été rapidement déployées pour évaluer l'ampleur des dégâts, déblayer les routes et fournir une aide matérielle indispensable. Des postes médicaux avancés et des hôpitaux de campagne ont été mis en place pour accueillir les victimes. De plus, les hôpitaux, tels que ceux de Marrakech, ont réussi à prendre en charge les blessés sans être débordés. Cela démontre non seulement une bonne préparation, mais aussi l'efficacité du système de santé marocain, reconnu pour la qualité de sa formation médicale.


L'occident et la vision néocoloniale de l'aide

Le refus marocain remet en question l'idée préconçue que l'Occident doit toujours intervenir dans les crises touchant les pays du "Sud global". Il révèle l'importance de reconsidérer les dynamiques traditionnelles de l'aide humanitaire qui sont souvent teintées d'un paternalisme hérité de l'époque coloniale. Le Maroc, par sa décision, invite à une réflexion sur l'autonomie et la compétence des nations en développement à gérer leurs propres crises.


Le futur des relations humanitaires internationales

Ce tremblement de terre pourrait bien marquer un tournant dans la manière dont les relations humanitaires internationales sont conçues et pratiquées. Les pays en développement, qui sont souvent considérés comme de simples récipiendaires de l'aide occidentale, peuvent et doivent être reconnus comme des acteurs à part entière dans la gestion de crises.


En somme, le récent séisme au Maroc offre une opportunité de repenser le paradigme de l'aide humanitaire internationale. Il met en lumière la nécessité de dépasser une vision paternaliste et néocoloniale pour embrasser une approche plus équilibrée et respectueuse de la souveraineté et des compétences locales.

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