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L'ACTUALITÉ DE LA GRANDE ÎLE DEPUIS 1929

Le refus du sacrifice: un appel au calme ou une méconnaissance du terrain politique ?


Dans un contexte de bouillonnement social et politique à Madagascar, Hery Rasoamaromaka, gouverneur d’Analamanga et Secrétaire national du parti TGV, prend position avec une déclaration forte et quelque peu controversée. « Les gens ne vont plus se sacrifier », affirme-t-il, ancrant son discours dans une tentative apparente d'appeler au calme et à la préservation de la paix sociale. Mais en sous-jacence, cette assertion révèle-t-elle une compréhension véritable des aspirations populaires et des enjeux du moment ?


Un message de paix ou d’inertie ?

L’intention de prôner la paix et le refus de la guerre tribale traduit une volonté manifeste d’éviter l’effusion de sang et la déchirure sociale. Cependant, cette position soulève un interrogatif majeur : le sacrifice évoqué fait-il référence à une mobilisation pacifique ou à une résistance violente ? L'appel au non-sacrifice pourrait-il être perçu comme une invitation implicite à accepter le statu quo, surtout dans un contexte électoral tendu ?


La loi et le principe de légitimité

En martelant l’importance du respect de la loi et des institutions existantes, telles que la Haute Cour Constitutionnelle et la Commission électorale nationale indépendante, Rasoamaromaka souligne le principe de légitimité légale. Toutefois, est-il suffisant de s'appuyer sur la légalité pour justifier la pérennité des institutions en question, surtout lorsque des voix s'élèvent pour remettre en question leur impartialité et leur efficacité ?


Les élections : miroir de la démocratie ou simple formalité ?

L’optimisme affiché quant à la victoire de leur candidat au premier tour des élections présidentielles peut être perçu à double tranchant. D’un côté, il reflète la confiance dans leur base électorale, mais d’un autre, il risque de sembler prématuré et même présomptueux au regard de l’opposition et de la société civile. Les élections, en tant que fondement de toute démocratie, doivent-elles être réduites à une compétition ou refléter fidèlement la volonté du peuple ?


Un collectif désuni : faiblesse ou richesse ?

Le point relatif à l'absence d'un candidat unique au sein du collectif des 11 candidats révèle une perspective intéressante. Bien que l’unification autour d’une seule candidature puisse présenter une force stratégique, la diversité des candidatures pourrait également être interprétée comme un signe de pluralisme et de démocratie interne au sein du collectif, où différentes voix et visions ont la possibilité de s’exprimer.


La sérénité apparente du gouverneur Rasoamaromaka, face aux mouvements de protestation et aux revendications de l'opposition, est-elle le reflet d'une stabilité assurée ou d'une possible méprise sur la réalité socio-politique du terrain ? La préservation de la paix est indubitablement primordiale, mais la paix est-elle simplement l’absence de conflit ou doit-elle être activement construite sur les fondations du dialogue, de la justice et de l’équité ?


L’avenir politique de Madagascar se trouve probablement à l’intersection entre le respect du cadre légal existant et l’écoute authentique des aspirations populaires. Et c’est à cette croisée des chemins que les dirigeants et opposants devront peut-être se retrouver pour esquisser ensemble les contours d’un avenir commun.

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