top of page

L'ACTUALITÉ DE LA GRANDE ÎLE DEPUIS 1929

Les Sihanaka de la région du lac Alaotra

Il est dit que les Sihanaka, une ethnie occupant la région du lac Alaotra au nord-est de Madagascar, ont une histoire et des traditions profondément ancrées dans leur relation avec la terre et l'eau. Leur nom, qui signifie "ceux qui errent autour des lacs", reflète leur mode de vie et leur expertise en riziculture inondée et en pêche.



Les Sihanaka descendent des Antesaka, originaires des régions marécageuses du sud-est de Madagascar, qui auraient migré vers le lac Alaotra au XVIIIe siècle. Toutefois, la tradition locale avance une autre origine, suggérant que les Sihanaka proviennent de la région Masianaka et qu'ils auraient migré vers le lac Alaotra pour fuir les conflits. Aujourd'hui, la région qu'ils occupent est connue comme le plus grand grenier à riz de Madagascar, témoignage de leur expertise en agriculture.


Rites et coutumes

Les Sihanaka célèbrent divers rites agricoles, notamment des cérémonies annuelles de demande d'eau de pluie pour assurer la fertilité des cultures. Les « Doany », lieux sacrés abritant les tombeaux du légendaire fondateur de la ville et de ses descendants, jouent un rôle crucial dans ces rites. Il est dit que ces lieux doivent être entretenus avec soin, car leur négligence perturberait le cycle normal des pluies.


Le culte des ancêtres est également central chez les Sihanaka. Leurs tombeaux, constitués de monticules de terre ornés de mâts funéraires surmontés de crânes de zébus et de statuettes, reflètent leur respect profond pour les défunts. Des mannequins funéraires, ou « sary », sont souvent érigés au-dessus des tombeaux pour symboliser les morts.


Cérémonies et sanctifications

Les cérémonies de sanctification, telles que le « Volam-bita » et le « Sarabe », sont des moments clés pour les Sihanaka. Le « Sarabe », ou « Joro orana », est particulièrement important et peut durer jusqu'à trois jours. Cette cérémonie, qui implique la présence des « tangalamena » (rois locaux), vise à obtenir la bénédiction des ancêtres pour une bonne saison de pluies et des récoltes abondantes.


Une autre coutume importante est la circoncision des jeunes garçons, qui ne peut être réalisée qu'après la cérémonie du « famoahan-jaza andohan’omby », où l'enfant est passé sur la tête d'un zébu. Cette cérémonie est suivie de trois jours de festivités, marquant une transition significative dans la vie des garçons.


Vie quotidienne et habitat

Autrefois, les Sihanaka construisaient leurs habitations en jonc au bord de l'eau, mais ils ont progressivement migré vers les hauteurs bordant le lac Alaotra. Aujourd'hui, leurs maisons sont principalement faites de terre cuite ou d'argile. En plus de la riziculture, ils pratiquent la culture vivrière (maïs, manioc, légumes) et la culture d'arachides. Les Sihanaka sont également reconnus pour être d'excellents pêcheurs et de plus en plus de familles se lancent dans l'élevage (dindons, oies, canards).


Activités économiques

Les Sihanaka sont spécialistes de la riziculture irriguée, une technique qui leur permet de maximiser les rendements dans les zones inondées autour du lac Alaotra. Leur expertise agricole et leurs pratiques de pêche leur permettent de subvenir à leurs besoins tout en participant activement à l'économie régionale. En plus de l'agriculture, l'élevage et l'artisanat jouent un rôle de plus en plus important dans leur économie.


Culte des ancêtres

Comme les autres populations des Hautes Terres, les Sihanaka vouent un véritable culte à leurs morts. Leurs tombeaux, uniques à Madagascar, sont constitués de monticules de terre surmontés de mâts funéraires avec des crânes de zébus. Le mort est souvent représenté par une statuette en bois, symbolisant sa présence et son importance continue pour les vivants.


Les Sihanaka, par leurs traditions agricoles, leurs rituels religieux et leur respect profond pour les ancêtres, constituent un peuple fascinant et résilient de Madagascar. Leur capacité à préserver leurs coutumes tout en s'adaptant aux défis modernes témoigne de leur ingéniosité et de leur force. En apprenant à connaître les Sihanaka, on découvre une richesse culturelle et une profondeur historique qui méritent d'être célébrées et respectées.

17 vues0 commentaire

Comments

Rated 0 out of 5 stars.
No ratings yet

Add a rating
bottom of page