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L'ACTUALITÉ DE LA GRANDE ÎLE DEPUIS 1929

Levée du couvre-feu pour les mineurs en Guadeloupe : une mesure temporaire aux effets mitigés

Après deux mois d'application, le couvre-feu pour les mineurs instauré dans les communes de Pointe-à-Pitre et des Abymes a été levé, suscitant des débats sur son efficacité et les mesures à long terme nécessaires pour lutter contre la délinquance juvénile.



Le 24 juin 2024, la préfecture de la Guadeloupe a annoncé la levée du couvre-feu pour les mineurs à Pointe-à-Pitre et aux Abymes. Mis en place en avril pour contrer une flambée de la criminalité, cette mesure a eu des effets notables mais soulève des questions sur les solutions durables à adopter.


Effets du couvre-feu sur la délinquance juvénile

L’arrêté préfectoral du 20 avril 2024, pris par le préfet Xavier Lefort, visait à réduire la délinquance des mineurs dans des zones particulièrement touchées. Les résultats montrent une baisse significative des actes criminels commis par des mineurs : à Pointe-à-Pitre, ces actes sont passés de 16 % au premier trimestre à 8,9 % pendant la période d’application du couvre-feu, revenant ainsi légèrement en dessous des niveaux de 2023 (9 %).


Stabilité et défis persistants

Sur l'ensemble de la zone police, qui inclut Pointe-à-Pitre et les Abymes, la délinquance des mineurs est restée stable, bien qu'au-dessus des niveaux observés en 2023 (6 %). Par ailleurs, un effet positif sur la délinquance générale a été noté, avec une baisse de 15 % à Pointe-à-Pitre. Ces chiffres suggèrent que, bien que le couvre-feu ait eu un impact, il ne s'attaque pas aux causes profondes de la délinquance juvénile.


Mesures complémentaires et plan d'action

La préfecture a annoncé la mise en place d'actions partenariales dans le cadre du conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance de Pointe-à-Pitre. Ce plan d'action, élaboré en collaboration avec la ville, la justice et d'autres acteurs de la prévention, cible trois problématiques prioritaires : les addictions et la violence, l'oisiveté et la perte de confiance et d'estime de soi, ainsi que le soutien à la parentalité. Le préfet Xavier Lefort n'exclut pas de réinstaurer le couvre-feu en fonction de l’évaluation de ce plan et de l'évolution de la délinquance.


Contexte et décision du ministre de l'Intérieur

Appliquée depuis le 22 avril de 20 heures à 5 heures du matin, cette mesure avait été ordonnée par le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, pour lutter contre une délinquance juvénile de plus en plus armée et dangereuse. Reconduite et adaptée après un mois, la levée du couvre-feu interroge sur l'équilibre entre mesures d'urgence et politiques de prévention à long terme.


Vers une solution durable

La levée du couvre-feu pour les mineurs en Guadeloupe, bien que temporairement efficace, met en lumière la nécessité de solutions durables pour lutter contre la délinquance juvénile. Les actions partenariales et le plan d'action mis en place visent à répondre aux causes profondes de cette délinquance, en espérant des résultats positifs et pérennes. La vigilance et l'évaluation continue de ces mesures seront essentielles pour garantir la sécurité et le bien-être des jeunes et de la communauté en général.

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