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L'ACTUALITÉ DE LA GRANDE ÎLE DEPUIS 1929

Qui était Andrianjafy ?

Le roi Andrianjafy, connu également sous les noms d'Andrianjafinandriamanitra et Andrianjafinjanahary, régna sur Imerina Avaradrano, la partie nord des hauts plateaux du centre de Madagascar, de 1770 à 1787. Ce roi, dont la capitale fut d'abord Ambohimanga avant de se déplacer vers Antananarivo, est une figure historique complexe, marquée par des conflits dynastiques et des actions controversées.

Andrianjafy était le fils du roi Andriambelomasina et de sa première épouse, Rasoherimananitany. À sa naissance, un astrologue avait prédit qu'il ne réussirait pas à préserver l'héritage de ses prédécesseurs, Andrianjakanavalomandimby et Andriantsimitoviaminiandriana, et qu'il dilapiderait leurs acquis. Cette prédiction allait se vérifier au cours de son règne.

 

Avant de mourir, Andriambelomasina avait organisé la succession de son royaume de manière à prévenir des conflits futurs. Il divisa le territoire entre ses fils et désigna Andrianjafy comme successeur pour gouverner le territoire le plus vaste et le plus à l'est d'Avaradrano. Cependant, il avait également nommé son neveu Ramboasalama comme successeur d'Andrianjafy, déclarant que, bien que ce dernier gouvernerait en premier, Ramboasalama hériterait du trône à sa mort. Cette décision de son père allait être la source de nombreux troubles pour Andrianjafy.

 

En 1770, Andrianjafy succéda à son père au trône d'Imerina Avaradrano. Cependant, son règne fut rapidement entaché par des tentatives répétées pour éliminer son neveu Ramboasalama, qu'il voyait comme une menace à son pouvoir. Malgré plusieurs complots pour assassiner Ramboasalama, Andrianjafy échoua systématiquement, souvent grâce aux avertissements de son propre frère, Andriantsimitovizainitrimo, qui sympathisait avec Ramboasalama.

 

L'inefficacité d'Andrianjafy en tant que dirigeant et son comportement despotique contribuèrent à sa perte de popularité parmi les citoyens d'Avaradrano. Il montra son pouvoir de manière tyrannique, allant jusqu'à engager les armées d'un prince sakalava pour attaquer des villages sous son contrôle, et il massacra leurs habitants sans provocation. Sa gestion inégale de la justice et son comportement violent, même envers les femmes et les enfants, ternirent davantage son image.

 

La situation se détériora encore lorsque la femme d'Andrianjafy, Ranavalondrajaka, donna naissance à un fils. Convaincue que leur fils, Ralaitokana, devait succéder à Andrianjafy, elle persuada son mari de rejeter le décret de son père en faveur de Ramboasalama. Andrianjafy entreprit alors une série de manœuvres pour tuer son neveu, toutes infructueuses.

 

L'hostilité croissante d'Andrianjafy envers Ramboasalama et son comportement despote finirent par provoquer un coup d'État. Les citoyens d'Ambohimanga, soutenus par le clan Tsimahafotsy, renversèrent Andrianjafy et proclamèrent Ramboasalama roi sous le nom d'Andrianampoinimerina. Chassé de son trône, Andrianjafy se réfugia à Ilafy, où il rassembla une armée pour tenter de reprendre le pouvoir. Cependant, ses tentatives échouèrent, et il fut finalement mis à mort en 1787 par des partisans d'Andrianampoinimerina.

 

L'histoire orale relate divers récits de la mort d'Andrianjafy. Certains disent qu'il fut étranglé, d'autres qu'il fut placé la tête la première dans une cuve de riz. Les lieux de sa mort varient également selon les traditions, certains mentionnant une vallée à l'est d'Ambohimanga appelée Antsahafady, d'autres la pierre sacrée d'Ambatolava dans le village d'Ambohimanga. Son corps fut enveloppé dans un linceul rouge, selon la coutume, et enterré soit à Ambohimanatrika à Ilafy, soit à Isoraka à Antananarivo.

 

Sa fille, Ratsimiantanasoa, épousa d'abord le roi Andrianamboatsimarofy d'Imerinatsimo. Après la mort de son mari en 1796, elle se remaria avec le roi Andrianampoinimerina, scellant ainsi une alliance importante et perpétuant l'héritage de la dynastie royale.

 

Le règne d'Andrianjafy est souvent vu sous un jour sombre en raison de ses actions despotiques et de son incapacité à maintenir la stabilité dans son royaume. Cependant, son histoire est également celle des luttes dynastiques et des défis auxquels sont confrontés les dirigeants pour sécuriser leur pouvoir. Son successeur, Andrianampoinimerina, devait marquer un tournant décisif pour le royaume mérina, établissant les bases d'une ère de réforme et de consolidation.

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