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L'ACTUALITÉ DE LA GRANDE ÎLE DEPUIS 1929

Qui est Caligula ?

Caligula, né Gaius Julius Caesar Germanicus le 31 août 12 après J.-C., est l'un des empereurs les plus énigmatiques et controversés de l'histoire romaine. Surnommé "Caligula" en raison des petites bottes militaires (caligae) qu'il portait enfant lorsqu'il accompagnait son père, Germanicus, en campagne, il est connu pour son règne tumultueux et ses excès, qui ont laissé une marque indélébile sur l'Empire romain.

Fils de Germanicus, un général romain très respecté, et d'Agrippine l'Aînée, Caligula appartient à la dynastie julio-claudienne. Sa jeunesse est marquée par une série de drames familiaux et politiques. Germanicus meurt en 19 après J.-C., probablement empoisonné, et la famille de Caligula tombe en disgrâce sous le règne de Tibère, son grand-oncle et empereur à l'époque. Agrippine et ses fils sont persécutés, et beaucoup pensent que la mort de Germanicus a été orchestrée par des ennemis politiques au sein de la cour impériale.

 

Malgré ces tragédies, Caligula survit et est élevé sous la tutelle de Tibère. Il passe une grande partie de son adolescence à Capri, où Tibère s'était retiré. Ce séjour insulaire, loin de la scène publique, façonne sans doute une grande partie de la personnalité de Caligula. Les historiens décrivent une atmosphère de débauche et de suspicion, où le jeune Caligula apprend les rouages du pouvoir et de la cruauté.

 

À la mort de Tibère en 37 après J.-C., Caligula monte sur le trône. Initialement, son avènement est accueilli avec enthousiasme par le peuple romain, qui voit en lui l'héritier charismatique de Germanicus. Les premiers mois de son règne sont marqués par des gestes de clémence et de générosité : il rappelle les exilés, accorde des primes aux militaires et organise des jeux spectaculaires pour divertir la population.

 

Cependant, cet âge d'or est de courte durée. En octobre 37 après J.-C., Caligula tombe gravement malade. Bien que les détails de sa maladie restent flous, beaucoup croient qu'il en ressort transformé, son comportement devenant de plus en plus erratique et tyrannique. Certains historiens suggèrent que cette maladie a pu déclencher ou exacerber une maladie mentale, mais les sources de l'époque sont souvent biaisées et exagérées.

 

Le règne de Caligula est marqué par des extravagances et des cruautés qui choquent ses contemporains et défient l'imagination. Parmi les actes les plus célèbres, et les plus controversés, figure sa prétention à la divinité. Caligula ne se contente pas des honneurs divins habituellement accordés aux empereurs romains après leur mort; il exige d'être vénéré comme un dieu de son vivant. Il fait installer des statues de lui-même dans les temples, y compris dans le Temple de Jérusalem, ce qui provoque l'indignation et la rébellion des Juifs.

 

Caligula est également connu pour ses dépenses somptuaires. Il dilapide les réserves de l'État dans des projets extravagants, comme la construction d'un pont de bateaux sur la baie de Baïes, qu'il traverse en char, vêtu de l'armure d'Alexandre le Grand. Il organise des fêtes somptueuses, des jeux et des courses de chars, et montre une fascination pour les chevaux, en particulier pour son cheval préféré, Incitatus. Selon certaines sources, il aurait même envisagé de faire de ce cheval un consul, bien que cela puisse être une exagération ou une métaphore de son mépris pour le Sénat.

 

La cruauté de Caligula est tout aussi notoire. Il ordonne des exécutions arbitraires, souvent sur un coup de tête, et aime terroriser les sénateurs et les nobles. Son règne est caractérisé par un climat de peur et de suspicion, où personne n'est à l'abri de sa colère. Il utilise la loi de majesté, qui permet de poursuivre les offenses contre l'empereur, pour éliminer ses ennemis réels ou perçus. Les témoignages de ses contemporains le dépeignent comme un tyran capricieux, dont les décisions imprévisibles et brutales créent une atmosphère de terreur.

 

Malgré ces excès, Caligula n'est pas entièrement dénué de qualités administratives. Il entreprend plusieurs réformes visant à améliorer l'administration de l'Empire. Il réforme les impôts, réorganise l'administration des provinces et cherche à renforcer la monnaie romaine. Cependant, ses réalisations sont largement éclipsées par sa réputation de folie et de débauche.

 

L'apogée de son règne de terreur survient en janvier 41 après J.-C. Conspirant pour mettre fin à sa tyrannie, une faction de la garde prétorienne, menée par Cassius Chaerea, organise son assassinat. Caligula est poignardé à mort dans un passage souterrain reliant le palais à l'amphithéâtre. Sa femme, Cæsonia, et sa fille, Julia Drusilla, sont également tuées pour empêcher toute revendication ultérieure du trône.

 

La mort de Caligula laisse l'Empire romain dans un état de choc et de confusion. Le Sénat envisage de rétablir la République, mais la garde prétorienne proclame Claude, l'oncle de Caligula, comme nouvel empereur. Claude, considéré comme faible et inapte par beaucoup, se révèle cependant être un administrateur compétent et répare une grande partie des dommages causés par son neveu.

 

L'héritage de Caligula est principalement celui d'un tyran et d'un débauché. Son règne court et chaotique est souvent cité comme un exemple des dangers de la concentration du pouvoir et de l'instabilité que peut provoquer un leader imprévisible et autocratique. Cependant, l'image de Caligula est aussi façonnée par les historiens antiques, notamment Suétone et Dion Cassius, qui écrivent avec une évidente hostilité et un penchant pour l'exagération.

 

Caligula reste une figure fascinante dans l'histoire romaine, incarnant à la fois les excès et les périls du pouvoir absolu. Sa vie et son règne sont souvent utilisés pour illustrer les risques de l'autoritarisme et les conséquences de la démesure. Son histoire a été maintes fois reprise dans la littérature, le théâtre et le cinéma, où il est souvent dépeint comme l'archétype du tyran fou, un symbole des aspects les plus sombres de la nature humaine.

 

Au-delà des anecdotes et des récits sensationnels, l'étude de Caligula offre une réflexion profonde sur les dynamiques du pouvoir et les défis de la gouvernance. Comment un jeune homme, élevé dans l'ombre des plus grands leaders de Rome, a-t-il pu sombrer dans une telle folie destructrice ? Était-il vraiment fou, ou ses actions étaient-elles une réponse désespérée à la pression et à la méfiance qui l'entouraient ? Ces questions, et les réponses qu'elles suscitent, continuent de fasciner et d'intriguer les historiens, rappelant l'importance d'examiner le pouvoir sous tous ses aspects, à la fois ses gloires et ses ténèbres.

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