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L'ACTUALITÉ DE LA GRANDE ÎLE DEPUIS 1929

Qui est Domitien ?

Domitien, né Titus Flavius Domitianus le 24 octobre 51 après J.-C., est le dernier empereur de la dynastie flavienne. Fils de Vespasien et frère cadet de Titus, son règne marque une période de transition entre les politiques plus modérées de ses prédécesseurs et une autocratie plus stricte et centralisée. Domitien est souvent considéré comme un empereur controversé, dont la gouvernance ferme et parfois tyrannique a laissé une empreinte complexe sur l'histoire de Rome.

Domitien grandit dans l'ombre de son père et de son frère, deux figures militaires et politiques dominantes. Contrairement à eux, il n'a pas de carrière militaire notable avant de monter sur le trône. Son enfance et sa jeunesse sont marquées par l'instabilité politique de l'Empire, notamment l'Année des quatre empereurs. En 69 après J.-C., Vespasien devient empereur, et la famille Flavienne accède à une position de pouvoir durable. Domitien reste à Rome pendant que son père et son frère combattent sur les champs de bataille, observant et apprenant les rouages de la politique impériale.

 

À la mort de son frère Titus en 81 après J.-C., Domitien monte sur le trône. Contrairement à ses prédécesseurs, il ne cherche pas à masquer son autorité sous les formes républicaines de pouvoir. Dès le début de son règne, Domitien adopte des titres impériaux comme celui de "censeur perpétuel" qui lui donnent un contrôle total sur la vie publique et privée des citoyens romains. Il se positionne comme un autocrate divinisé, exigeant des sénateurs et des citoyens une déférence quasi religieuse. Son approche du pouvoir est rigide et inflexible, marquée par une volonté de restaurer la grandeur de Rome à travers une centralisation stricte de l'autorité.

 

Le règne de Domitien est caractérisé par des réformes administratives et économiques rigoureuses. Il réforme le système fiscal, augmente les impôts et met en place des mesures pour améliorer la collecte des revenus de l'État. Domitien s'attaque également à la corruption, punissant sévèrement les abus de pouvoir et les malversations. Ces réformes, bien que nécessaires pour la stabilité financière de l'Empire, le rendent impopulaire auprès des élites romaines qui voient en lui un despote intraitable. Sa politique économique vise à renforcer la trésorerie impériale pour financer des projets ambitieux, tels que la rénovation de Rome et l'amélioration des infrastructures.

 

Domitien est également un bâtisseur passionné. Il supervise la reconstruction de Rome après les incendies et les destructions, construisant de nombreux bâtiments publics, temples et stades. Parmi ses projets les plus célèbres figurent le Forum de Domitien, le stade de Domitien (aujourd'hui la Piazza Navona), et le palais Flavien sur le Palatin. Ces constructions, bien que coûteuses, symbolisent la puissance et la grandeur de l'Empire sous son règne. Domitien accorde une attention particulière à l'urbanisme et à l'embellissement de la capitale, renforçant ainsi son image de restaurateur de la grandeur romaine.

 

Sur le plan militaire, Domitien est confronté à plusieurs défis. Il mène des campagnes contre les Daces, les Germains et les Sarmates pour protéger les frontières de l'Empire. Bien que certaines de ces campagnes soient couronnées de succès, d'autres se révèlent coûteuses et difficiles. En 89 après J.-C., Domitien fait face à une révolte menée par Lucius Antonius Saturninus, gouverneur de Germanie supérieure. La rébellion est rapidement écrasée, mais elle souligne les tensions croissantes au sein de l'Empire. Domitien renforce la discipline militaire et maintient une vigilance constante pour prévenir d'autres soulèvements, mais cette rébellion mine la confiance entre l'empereur et ses généraux.

 

Le règne de Domitien est également marqué par une intensification de la répression politique. Il utilise la loi de majesté pour poursuivre ceux qu'il perçoit comme des menaces à son pouvoir, y compris des sénateurs et des membres de sa propre famille. Cette atmosphère de suspicion et de peur conduit à de nombreux procès pour trahison, exécutions et confiscations de biens. Bien que ces mesures renforcent temporairement l'autorité de Domitien, elles alimentent un ressentiment profond parmi les élites romaines. La paranoïa de l'empereur et sa tendance à voir des complots partout contribuent à isoler davantage son régime.

 

Malgré ses politiques répressives, Domitien cherche également à obtenir le soutien populaire. Il organise des jeux et des spectacles grandioses, distribue des denrées alimentaires et accorde des largesses aux soldats et aux citoyens. Ces actions visent à maintenir la loyauté du peuple et à détourner l'attention des aspects plus sombres de son règne. Domitien se présente comme un protecteur des traditions romaines et un champion de la moralité publique, cherchant à restaurer les valeurs traditionnelles de la société romaine.

 

Domitien est assassiné le 18 septembre 96 après J.-C. dans une conspiration impliquant des membres de sa garde prétorienne et des proches de la cour impériale. Sa mort met fin à la dynastie flavienne et ouvre la voie à Nerva, un sénateur âgé et respecté, choisi par les conspirateurs pour apaiser les tensions. Après sa mort, le Sénat condamne la mémoire de Domitien à la damnatio memoriae, effaçant son nom et son image des monuments et des documents publics. Cette condamnation posthume témoigne du profond ressentiment et de la haine que son règne a suscités parmi les élites.

 

En conclusion, Domitien reste une figure complexe et controversée de l'histoire romaine. Son règne est marqué par des réformes importantes et des projets ambitieux, mais aussi par une répression brutale et une paranoïa destructrice. Domitien incarne les défis du pouvoir autocratique dans un Empire immense et diversifié, où l'équilibre entre autorité et réconciliation est souvent difficile à maintenir. Son héritage est ambigu : il est à la fois un administrateur capable et un tyran redouté. La mémoire de Domitien, bien que ternie par sa condamnation posthume, continue d'intriguer et de diviser les historiens, rappelant les complexités et les contradictions du pouvoir impérial romain.

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