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L'ACTUALITÉ DE LA GRANDE ÎLE DEPUIS 1929

Sécurité alimentaire : Madagascar confronté à un niveau de faim « critique » pour 36% de sa population

Le dernier rapport de l'ONG Action contre la Faim révèle que 36% de la population de Madagascar souffre de niveaux de faim « critiques » ou pires.



Madagascar fait face à une crise alimentaire majeure, où 36% de sa population souffre de niveaux de faim « critiques » ou pires, selon le dernier rapport de l'ONG Action contre la Faim (ACF). Ce rapport, publié en début d'année 2024, illustre le déficit croissant de financement mondial pour la lutte contre la faim, qui affecte de manière disproportionnée les pays les plus vulnérables, dont Madagascar.


Déficit de financement global

Selon ACF, le déficit de financement pour lutter contre la faim s'est aggravé en 2023, alors que seulement 35% des fonds demandés ont été reçus. Ce chiffre représente une augmentation de 23% du déficit par rapport à l'année précédente. L'organisation souligne que dans aucun des 17 pays considérés comme prioritaires, les appels aux programmes permanents ou d'urgence n'ont été satisfaits à 100%. De plus, seuls 12% des programmes ont reçu plus de la moitié des fonds nécessaires. Ce déficit illustre l'ampleur du problème, les ressources mondiales restant insuffisantes face aux besoins croissants.


Madagascar dans un contexte global

Madagascar figure parmi les 17 pays identifiés par l'ONG comme étant confrontés à des niveaux de faim « critiques » ou pires. Les autres pays de cette liste comprennent l'Afghanistan, le Burundi, la République démocratique du Congo, Haïti, le Yémen et la Somalie, entre autres. Ensemble, ces nations illustrent un échantillon des défis mondiaux auxquels les programmes de lutte contre la faim sont confrontés.


Dans le cas de Madagascar, le taux de personnes touchées par la faim s'élève à 36%, dépassant ainsi la moyenne des 17 pays, fixée à 31%. En comparaison, ce pourcentage est de 30% au Pakistan, 10% au Mozambique et au Burundi, 26% en RDC, 33% en Somalie, 41% en Afghanistan, 48% en Haïti et 55% au Yémen. Ce chiffre élevé met en lumière les difficultés propres à Madagascar, qui s'ajoutent à la liste croissante des pays touchés par l'insécurité alimentaire.


Causes de la crise alimentaire

Les facteurs contribuant à cette crise sont multiples et complexes. Madagascar a été frappé par une série de sécheresses intenses, en particulier dans le sud du pays, aggravant la crise humanitaire et alimentaire. Ces épisodes de sécheresse, associés aux impacts du changement climatique et à la pauvreté, ont conduit à une perte importante des cultures et à l'effondrement des moyens de subsistance. De plus, la pandémie de COVID-19 a perturbé les chaînes d'approvisionnement mondiales, exacerbant la situation des communautés vulnérables.


Dans un contexte où la faim mondiale est déjà en hausse, passant de 661 millions de personnes avant la pandémie à 783 millions actuellement, Madagascar est durement touché. La pauvreté structurelle, le manque d'accès aux soins de santé et les conflits internes amplifient encore cette situation.


Solutions et perspectives

Pour résoudre cette crise, ACF appelle à une mobilisation accrue des financements internationaux. Selon l'ONG, 8,86 milliards de dollars sont nécessaires pour répondre aux appels visant les 17 pays identifiés. Cependant, la réponse financière doit s'accompagner d'une approche globale intégrant des stratégies à long terme pour lutter contre les causes profondes de la faim. Cela implique le renforcement des systèmes agricoles locaux, l'amélioration des infrastructures et l'accès aux marchés, ainsi qu'une meilleure gestion des ressources en eau.


En parallèle, la communauté internationale doit également s'engager à améliorer les mesures d'urgence pour les populations les plus vulnérables. La fourniture d'une aide alimentaire d'urgence, de l'eau potable et de services sanitaires de base est essentielle pour répondre aux besoins immédiats des communautés les plus touchées.


Urgence d'une action concertée

Le rapport d'ACF souligne clairement que Madagascar est à un tournant critique. Avec plus d'un tiers de sa population en situation de faim « critique » ou pire, le pays illustre la nécessité d'une réponse coordonnée pour remédier à cette crise humanitaire. L'ampleur du défi nécessite une action rapide, coordonnée et durable, impliquant les gouvernements, les ONG et les organisations internationales pour assurer la sécurité alimentaire à long terme.

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