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L'ACTUALITÉ DEPUIS 1929

Xinjiang: une répression qui change de visage


La vie quotidienne à Kachgar, une des villes historiques du Xinjiang, reflète une tranquillité orchestrée. Au premier regard, l'activité commerciale bourdonne, les aînés observent le passage du temps, et les écoliers animent les rues. Cependant, cette normalité dissimule une réalité plus sombre: des commerçants désintéressés, des visages marqués par la mélancolie, et une réticence palpable à interagir avec les étrangers, trahissant un climat de peur et de répression continuelle.


La transformation de la mosquée Id Kah

Un symbole frappant de cette réalité est le changement de fonction de la célèbre mosquée Id Kah. Autrefois un centre spirituel, elle n'accueille plus les fidèles pour la prière du vendredi mais sert désormais de lieu de curiosité pour les touristes. Ce changement illustre l'érosion en cours de la pratique religieuse et des traditions culturelles des Ouïgours, une composante essentielle de leur identité.


Répression sous couvert de tranquillité

L'ambiance dans les rues de Kachgar est chargée d'une tranquillité de façade. Derrière les jeux des enfants et les boutiques ouvertes, se cache une population qui vit sous un œil de surveillance constante. Les expressions subtiles de crainte chez certains résidents, et notamment les cheveux inhabituellement courts des jeunes filles, suggèrent des pressions moins visibles mais tout aussi oppressantes que les détentions de masse précédemment rapportées.


Le symbole de l'unité à double tranchant

Le parc nouvellement inauguré, avec sa statue de deux mains tenant une grenade - une métaphore de l'unité chinoise - souligne ironiquement la précarité de la situation. L'artefact est moins une célébration de la diversité culturelle qu'une réaffirmation de l'assimilation forcée et de la domination de la politique d'homogénéité de Pékin.


Un futur incertain pour les Ouïgours

Le Xinjiang, avec sa population ouïgoure, se trouve dans une situation de normalisation forcée, où la répression explicite a peut-être diminué, mais les méthodes plus insidieuses de contrôle culturel et psychologique perdurent. La peur et la suppression de l'identité culturelle continuent de régner, posant des questions troublantes sur l'avenir de la diversité ethnique et religieuse dans la région.

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