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L'ACTUALITÉ DE LA GRANDE ÎLE DEPUIS 1929

Les limites de "Thémis": lutte contre les violences sexuelles et sexistes dans les armées

Depuis une décennie, la cellule "Thémis" s’efforce de combattre le harcèlement et les agressions sexuelles au sein du ministère des Armées, mais la tâche se révèle ardue. En raison du manque de ressources humaines et de la rigidité des règlements, la petite unité est confrontée à d’importants obstacles. Cette cellule, située dans un coin reculé du dédale des couloirs du siège de l'état-major des armées à Balard, Paris, est composée d'une équipe dévouée mais limitée, qui lutte chaque jour pour aider les victimes dans un environnement institutionnel complexe.



Un travail complexe dans un environnement confidentiel

La cellule "Thémis" est composée d'une équipe de sept personnes dont quatre, affectées spécifiquement à écouter les victimes, reçoivent entre huit et dix appels par jour. Elles traitent principalement des cas de harcèlement et d’agression sexuelle perpétrés par des supérieurs hiérarchiques. Les trois autres membres de l’équipe assurent d’autres tâches, notamment administratives. Depuis mars, alors que les médias diffusent de plus en plus de témoignages d’hommes et de femmes se plaignant d’un manque de prise en compte de leurs plaintes, le nombre d'appels reçus reste stable, mais le chef de la cellule, Thibault de Laforcade, note que les témoignages mettent en lumière une véritable libération de la parole.


Harcèlement et emprise hiérarchique

Les rapports qui parviennent à la cellule Thémis révèlent que le harcèlement sexuel demeure la plainte la plus courante. Dans ces cas, les victimes, souvent de jeunes femmes ou des subalternes, font face à l’emprise d’un supérieur hiérarchique. Le commandant David, officier greffier et l’un des quatre "rapporteurs" chargés d'écouter les victimes, explique que l’équipe peut accompagner les plaignants sur plusieurs années. Plus de 500 victimes sont actuellement soutenues par la cellule "Thémis," qui s'efforce de les guider dans leurs démarches et de leur offrir un soutien moral.


Des moyens insuffisants pour une cellule débordée

Bien que les signalements se multiplient, la cellule "Thémis" peine à fournir un soutien adéquat en raison du manque de moyens. Lorsqu'il a pris ses fonctions en 2023, le CGA Thibault de Laforcade a rédigé un "rapport d'étonnement," constatant le fossé entre les besoins des victimes et les ressources disponibles. Il souligne que le système actuel est "perfectible," et que le renforcement des effectifs doit s’accompagner d’une révision réglementaire pour garantir une meilleure gestion des signalements.


En effet, la cellule est censée être un refuge où les victimes peuvent trouver soutien et conseils, mais la réalité démontre que les limites en ressources empêchent une action efficace. Des centaines de plaintes doivent être suivies sur le long terme, alors même que l’équipe manque de personnel pour répondre à cette demande croissante.


Réforme espérée pour soutenir "Thémis"

Face à ces défis, le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, a lancé une mission d'inspection en avril, espérant identifier des solutions pour améliorer le fonctionnement de "Thémis." Les conclusions, attendues fin mai, doivent proposer des recommandations concrètes pour remédier aux faiblesses de l'unité. Le CGA Thibault de Laforcade espère que ces propositions conduiront à un renforcement significatif de la cellule et à une réforme réglementaire permettant d'assurer une meilleure prise en compte des plaintes.


Les recommandations pourraient également aider à établir un environnement plus favorable à la libération de la parole et à la protection des victimes. Il est essentiel d’accroître la sensibilisation au sein des armées et de développer des mécanismes de soutien efficaces pour les victimes. Cela permettrait d’identifier les comportements abusifs, de lutter contre le silence imposé par la hiérarchie, et de prévenir les agressions à l’avenir.


L'espoir d’une meilleure prise en charge des victimes

Alors que l'écoute et le suivi des victimes sont primordiaux pour lutter contre le harcèlement et les agressions sexuelles au sein du ministère des Armées, la cellule "Thémis" reste limitée par ses moyens actuels. Cependant, les témoignages et la pression médiatique ont donné de la visibilité à ces problématiques, poussant les autorités à réévaluer leur gestion des plaintes. La mission d’inspection représente une opportunité de corriger les dysfonctionnements et d'apporter des améliorations substantielles à la cellule, afin de protéger efficacement les victimes et de restaurer la confiance au sein de l'institution militaire.


L'unité "Thémis," malgré ses limites, continue à fournir un travail essentiel pour donner une voix aux victimes et mettre en lumière les comportements abusifs. Les conclusions de la mission d'inspection seront un test crucial pour la volonté des autorités à traduire les recommandations en actions concrètes, réformant un système qui doit impérativement évoluer pour répondre aux besoins actuels.

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