Qui est Ntoi Rapapa ?

Figure marquante de la vie intellectuelle, administrative et politique du Royaume du Lesotho, Ntoi Rapapa incarne un parcours singulier où l’excellence académique se conjugue à l’engagement public. Scientifique de formation, universitaire reconnu puis haut responsable de l’État, il s’est imposé progressivement comme l’un des acteurs centraux des politiques éducatives du pays. Son itinéraire personnel, façonné par des conditions de vie modestes et une détermination constante, éclaire les choix qu’il a opérés tout au long de sa carrière et la vision qu’il défend aujourd’hui pour le développement du Lesotho à travers l’éducation et la formation.

Né à la fin des années 1960 dans un contexte rural et socialement fragile, Ntoi Rapapa appartient à cette génération de Lesothans pour qui l’éducation représentait à la fois une voie d’émancipation individuelle et un instrument de transformation collective. Son ascension, depuis les bancs d’une école secondaire provinciale jusqu’aux plus hautes sphères du gouvernement, est emblématique des profondes mutations qu’a connues le pays depuis l’indépendance. À travers son parcours, se dessinent également les enjeux structurels du Lesotho : accès au savoir, fuite des cerveaux, dépendance économique, mais aussi espoirs placés dans la science, la technologie et la formation des jeunes.

Cet article retrace de manière détaillée la biographie de Ntoi Rapapa, en s’appuyant sur les faits établis de sa vie personnelle, académique et politique. Il met en lumière les étapes clés de son parcours, ses responsabilités successives, ainsi que la portée de son action au service de l’éducation nationale.

Une enfance modeste dans le Lesotho rural

Ntoi Rapapa voit le jour le 28 février 1968 à Mapoteng, une localité située dans le district de Berea, au nord-ouest du Lesotho. À cette époque, le pays, enclavé au cœur de l’Afrique australe, demeure fortement marqué par une économie rurale de subsistance, une dépendance structurelle à l’Afrique du Sud et des inégalités sociales prononcées. Le village de Mapoteng, essentiellement agricole, reflète ces réalités : la majorité des familles y vivent de petits commerces, d’élevage et de cultures vivrières.

L’enfance de Ntoi Rapapa est rapidement bouleversée par la disparition de son père alors qu’il n’est âgé que de cinq ans. Sa mère, Matšabalira, se retrouve seule pour subvenir aux besoins de la famille. Femme courageuse et entreprenante, elle exerce divers petits métiers, notamment la vente de vêtements, de produits agricoles et de bière traditionnelle, afin d’assurer la survie de ses enfants. Cette période marque profondément le jeune Rapapa, qui grandit dans un environnement où l’effort, la solidarité et la persévérance sont des valeurs essentielles.

Malgré les difficultés matérielles, sa mère accorde une importance primordiale à l’éducation. Elle encourage son fils à poursuivre ses études, convaincue que l’école constitue la meilleure chance de rompre le cycle de la précarité. Cette conviction s’avère déterminante dans la trajectoire future de Ntoi Rapapa, qui développe très tôt une discipline de travail rigoureuse et un profond respect pour le savoir.

Des débuts scolaires prometteurs et un goût pour les sciences

Ntoi Rapapa effectue sa scolarité secondaire à la Dahon High School, toujours à Mapoteng. Dans cet établissement, il se distingue rapidement par ses résultats, en particulier dans les disciplines scientifiques. Les mathématiques et la physique deviennent ses matières de prédilection, domaines dans lesquels il manifeste une curiosité intellectuelle et une capacité d’abstraction peu communes.

À une époque où l’accès aux ressources pédagogiques reste limité, notamment dans les zones rurales, ses performances reposent essentiellement sur son travail personnel et sur l’encadrement de quelques enseignants engagés. Ces derniers perçoivent son potentiel et l’encouragent à envisager des études supérieures, perspective encore rare pour de nombreux jeunes issus de milieux modestes au Lesotho.

Après l’obtention de son diplôme de fin d’études secondaires, Ntoi Rapapa intègre le programme d’entrée scientifique préliminaire du Lesotho, une étape préparatoire destinée à renforcer les bases des étudiants souhaitant poursuivre des études universitaires dans les sciences. Cette formation lui permet de consolider ses acquis et de se préparer aux exigences de l’enseignement supérieur, tout en confirmant son ambition de devenir scientifique.

Une formation universitaire d’excellence au Lesotho et à l’étranger

En 1993, Ntoi Rapapa obtient un Bachelor of Science en physique et mathématiques à l’Université nationale du Lesotho. Cette institution, située à Roma, constitue alors le principal pôle universitaire du pays. Durant ses années d’études, Rapapa se distingue par son sérieux académique et son engagement intellectuel. Il s’immerge dans la recherche théorique et développe une approche méthodique de la résolution de problèmes scientifiques.

Son excellence universitaire lui ouvre les portes de la formation internationale. En 1995, il est sélectionné pour suivre un programme post-universitaire avancé en physique à l’International Centre for Theoretical Physics, en Italie. Cette expérience représente un tournant majeur dans sa carrière. Pour la première fois, il évolue dans un environnement scientifique mondial, aux côtés de chercheurs venus de divers continents. Il y découvre de nouvelles méthodes de travail, des approches interdisciplinaires et une culture de la recherche fondée sur l’échange et l’innovation.

Fort de cette expérience, Ntoi Rapapa poursuit son parcours académique au Royaume-Uni. Il intègre l’Université de Manchester, où il entreprend un doctorat en physique. En 1999, il obtient son PhD, consacrant plusieurs années de recherche approfondie. Ce doctorat marque l’aboutissement d’un long parcours académique et confère à Rapapa une crédibilité scientifique internationale, rare parmi les universitaires lesothans de sa génération.

Une carrière universitaire au service de la formation nationale

À l’issue de ses études doctorales, Ntoi Rapapa choisit de rentrer au Lesotho, refusant la tentation de poursuivre une carrière exclusivement internationale. Il rejoint l’Université nationale du Lesotho, où il entame une carrière académique qui s’étendra sur plus d’une décennie. Il y occupe successivement les fonctions de chargé de cours, de professeur et d’associé professeur entre 1999 et 2010.

Durant cette période, il enseigne la physique à de nombreuses promotions d’étudiants, contribuant à la formation de futurs enseignants, ingénieurs et chercheurs. Son enseignement se distingue par une exigence élevée et une volonté de transmettre non seulement des connaissances, mais aussi une méthode scientifique rigoureuse. Il encourage ses étudiants à développer leur esprit critique et à envisager les sciences comme un levier de développement pour le pays.

Parallèlement à ses activités pédagogiques, Rapapa s’implique dans la vie administrative de l’université et dans divers projets de recherche. Il participe à la réflexion sur l’amélioration des programmes scientifiques et sur l’adaptation de l’enseignement supérieur aux besoins du Lesotho. Cette expérience universitaire forge sa compréhension des enjeux structurels de l’éducation nationale, connaissance qui s’avérera précieuse dans ses futures fonctions publiques.

De l’université à la gestion des services publics

En 2010, Ntoi Rapapa opère un tournant dans sa carrière en quittant temporairement le monde universitaire pour rejoindre l’administration publique. Il est nommé directeur général de la Lesotho Electricity and Water Authority, organisme chargé de la régulation des secteurs de l’électricité et de l’eau. Cette fonction stratégique le place au cœur de problématiques essentielles pour le développement du pays.

À la tête de cette autorité, Rapapa doit concilier des impératifs techniques, économiques et sociaux. Le Lesotho fait alors face à des défis importants en matière d’accès à l’électricité, de gestion des ressources hydriques et de modernisation des infrastructures. Son mandat, qui s’étend jusqu’en 2016, est marqué par des efforts visant à renforcer la gouvernance du secteur, à améliorer la transparence et à assurer un meilleur équilibre entre service public et viabilité financière.

Cette expérience administrative élargit considérablement son champ de compétences. Elle lui permet d’acquérir une connaissance approfondie du fonctionnement de l’État, des relations entre institutions et des contraintes propres à la gestion publique dans un pays en développement.

Les premiers pas en politique

L’entrée de Ntoi Rapapa en politique intervient dans la seconde moitié des années 2010. En 2016, il se présente comme candidat dans la circonscription de Mosalemane. Cette première tentative électorale se solde par un échec, le siège étant remporté par son propre frère. Cet épisode, loin de décourager Rapapa, constitue une expérience formatrice qui l’amène à mieux appréhender les dynamiques politiques locales et nationales.

L’année suivante marque une avancée décisive. En juin 2017, il est élu membre du Sénat du Lesotho. Peu après, il est nommé vice-ministre de l’Éducation et de la Formation. Cette fonction lui permet de renouer directement avec le domaine qui a façonné toute sa carrière : l’éducation. À ce poste, il participe à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques éducatives, tout en s’imposant progressivement comme une voix influente au sein du gouvernement.

Ministre de l’Éducation et de la Formation

Les élections générales d’octobre 2022 constituent un moment clé dans la carrière politique de Ntoi Rapapa. Élu à l’Assemblée nationale en tant que représentant de Mosalemane, il est nommé ministre de l’Éducation et de la Formation dans le gouvernement dirigé par Sam Matekane. Cette nomination consacre son parcours et place entre ses mains un ministère stratégique pour l’avenir du pays.

En tant que ministre, Rapapa hérite d’un système éducatif confronté à de nombreux défis : infrastructures insuffisantes, disparités régionales, manque de ressources humaines qualifiées et taux d’abandon scolaire préoccupants. Conscient de ces enjeux, il défend une approche axée sur la qualité de l’enseignement, la modernisation des programmes et l’adéquation entre formation et marché du travail.

Il met un accent particulier sur les sciences, les technologies, l’ingénierie et les mathématiques, considérant ces domaines comme essentiels pour la compétitivité du Lesotho à long terme. Son discours s’inscrit dans une vision où l’éducation n’est pas seulement un droit fondamental, mais aussi un moteur de développement économique et social.

Une vision éducative tournée vers l’avenir

La vision de Ntoi Rapapa pour l’éducation repose sur plusieurs piliers. Il plaide pour un renforcement de la formation des enseignants, estimant que la qualité du système éducatif dépend avant tout de celle de ses acteurs. Il soutient également l’intégration progressive des technologies numériques dans les établissements scolaires, afin de réduire la fracture éducative entre zones urbaines et rurales.

Par ailleurs, Rapapa défend l’idée d’une éducation inclusive, capable de répondre aux besoins des populations les plus vulnérables. Il s’intéresse particulièrement à l’accès à l’éducation dans les zones rurales, où les obstacles géographiques et économiques restent nombreux. Sa politique vise à créer des conditions favorables à la réussite scolaire, tout en tenant compte des réalités culturelles et sociales propres au Lesotho.

Vie personnelle, valeurs et héritage

Sur le plan personnel, Ntoi Rapapa est marié à Mapalesa et père de deux enfants. Malgré ses responsabilités publiques, il demeure attaché à la vie familiale et aux valeurs qui ont guidé son enfance. Son parcours, marqué par la perte précoce de son père et les sacrifices de sa mère, nourrit un sens aigu de la responsabilité et du service.

Aujourd’hui, Ntoi Rapapa incarne une figure de référence pour de nombreux jeunes Lesothans. Son itinéraire démontre que l’éducation, associée à la persévérance, peut ouvrir des perspectives insoupçonnées. À travers son action politique et son engagement pour la formation, il contribue à façonner l’avenir du Lesotho, convaincu que le développement durable du pays passe avant tout par l’investissement dans le capital humain.

Son héritage, encore en construction, s’inscrit dans une histoire nationale où les défis restent nombreux, mais où l’espoir d’un avenir fondé sur le savoir et la compétence demeure plus que jamais d’actualité.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *