Qui est Mohamed Arkab, l’homme politique ?

Dans l’architecture politique algérienne, les portefeuilles liés à l’énergie et aux ressources du sous-sol occupent une place à part. Ils concentrent à la fois des enjeux budgétaires majeurs, des arbitrages industriels complexes et une forte dimension diplomatique. Depuis plusieurs années, Mohamed Arkab s’est imposé comme l’un des visages les plus constants de ce secteur stratégique. Ingénieur de formation et issu du monde des entreprises publiques de l’électricité et du gaz, il a enchaîné les responsabilités jusqu’à devenir ministre, puis ministre d’État, au fil de remaniements qui ont régulièrement redessiné le périmètre des ministères concernés. À l’automne 2025, l’exécutif algérien a acté une nouvelle réorganisation : Mohamed Arkab est reconduit en qualité de ministre d’État, ministre des Hydrocarbures et des Mines, à la tête d’un département explicitement centré sur les ressources fossiles et minières.

Un parcours d’ingénieur passé par les grands groupes publics

La trajectoire de Mohamed Arkab est d’abord celle d’un technicien devenu haut responsable public. Né le 19 février 1966 à Hussein Dey, à Alger, il est présenté par les sources institutionnelles comme ingénieur d’État en mécanique, option sciences énergétiques, et titulaire d’une formation en management de type MBA.

Sa carrière se déroule au sein de Sonelgaz, le groupe public de l’électricité et du gaz, qu’il rejoint au début des années 1990. Les notices biographiques disponibles retracent une progression au sein des structures techniques puis de direction, notamment via la Compagnie de l’Engineering de l’Électricité et du Gaz (CEEG), une filiale du groupe.

Avant son entrée au gouvernement, Mohamed Arkab occupe l’un des postes les plus visibles du secteur : la présidence de Sonelgaz. Son installation à la tête du groupe, datée du 30 août 2017, est reprise par la présentation officielle du ministère. Cette étape est déterminante : elle le place au centre de la gouvernance d’un acteur clé des infrastructures énergétiques nationales, à un moment où les débats sur l’investissement, l’entretien du réseau et la demande intérieure gagnent en importance.

Son arrivée au gouvernement en 2019 marque un basculement : de dirigeant d’entreprise publique, il devient responsable politique d’un portefeuille où la décision se joue entre impératifs économiques, arbitrages réglementaires et messages envoyés aux partenaires étrangers. La continuité de sa présence dans les gouvernements successifs, malgré plusieurs remaniements, constitue l’un des éléments saillants de son profil public, tel que résumé par les fiches biographiques et la chronologie de ses fonctions.

Des remaniements successifs et un ministère redécoupé en 2025

Le cas Mohamed Arkab illustre une réalité institutionnelle algérienne : le périmètre des ministères de l’énergie et des mines a fréquemment évolué ces dernières années. Les intitulés et les répartitions de compétences ont varié, au gré des priorités affichées par l’exécutif et des ajustements de l’action publique.

Selon la présentation officielle du ministère, Mohamed Arkab est nommé, le 18 novembre 2024, ministre d’État, ministre de l’Énergie, des Mines et des Énergies renouvelables. Cette appellation signale alors une tentative de regrouper, au sein d’une même entité, les hydrocarbures, les mines et le pilier des énergies renouvelables.

Mais un nouveau tournant intervient lors du remaniement du 15 septembre 2025 : Mohamed Arkab est reconduit au gouvernement en qualité de ministre d’État, ministre des Hydrocarbures et des Mines. Le même mouvement conduit à la scission du ministère en deux entités, avec la création d’un ministère distinct de l’Énergie et des Énergies renouvelables confié, d’après les sources encyclopédiques et la presse, à Mourad Adjal. La logique de cette séparation, telle qu’elle apparaît dans les descriptions publiques, consiste à distinguer plus clairement, d’un côté, la production et la valorisation des ressources fossiles et minières, et de l’autre, la gestion des politiques d’électricité et de transition énergétique.

Cette reconfiguration institutionnelle n’est pas qu’un changement d’étiquette. Elle redéfinit le champ de responsabilité du ministre d’État : en se concentrant sur les hydrocarbures et les mines, le département qu’il dirige est directement associé aux recettes d’exportation, aux investissements amont, à l’encadrement des contrats et aux grands projets extractifs. Dans un pays dont l’économie reste fortement dépendante des revenus tirés du pétrole et du gaz, la centralité politique de ce portefeuille demeure, elle, un fait régulièrement documenté par la presse internationale lorsqu’elle analyse les fragilités et les leviers économiques de l’Algérie.

Hydrocarbures : régulation, investissements et signal envoyé aux partenaires

L’un des épisodes les plus commentés des débuts ministériels de Mohamed Arkab remonte à 2019, lorsqu’il réagit publiquement à la perspective du rachat d’actifs d’Anadarko en Algérie par Total. Plusieurs médias rapportent alors qu’il dément l’existence d’un accord et affirme que l’Algérie ne permettrait pas une telle opération, un positionnement qui s’inscrit dans les sensibilités nationales autour du contrôle des actifs stratégiques.

Au-delà de cet épisode, la période est aussi celle d’une intense séquence législative : l’Algérie adopte une nouvelle loi sur les hydrocarbures (loi n°19-13 du 11 décembre 2019), destinée à actualiser le cadre contractuel et fiscal afin d’attirer l’investissement dans l’exploration et la production. Des analyses de cabinets et de praticiens du droit des affaires ont publié des synthèses de cette loi, soulignant un ensemble de dispositions juridiques et fiscales nouvelles.

Les supports institutionnels du ministère, eux, mettent en avant des orientations affichées au moment des discussions du projet de loi, notamment l’insistance sur le contenu local, la formation et l’intégration de cadres algériens dans l’exploitation des structures pétrolières et gazières. Cette dimension, régulièrement mentionnée dans les communications publiques, vise à répondre à une attente de souveraineté économique, en particulier dans les activités techniques à forte valeur ajoutée.

Dans la presse algérienne, Mohamed Arkab est également crédité, en 2025, d’annonces portant sur la préparation de textes réglementaires sectoriels, destinés à clarifier les missions et l’articulation entre entités centrales, structures locales et institutions affiliées. Ce type de chantier réglementaire, souvent moins visible que les annonces d’investissements, pèse pourtant sur la manière dont se déploient les projets dans la durée, puisqu’il conditionne les circuits d’autorisation, de contrôle et de coordination entre administrations.

Il faut enfin replacer ces éléments dans une donnée plus large, régulièrement relevée dans les analyses : l’économie algérienne demeure structurellement dépendante des hydrocarbures, même lorsque les autorités affichent des objectifs de diversification. Les recettes liées au pétrole et au gaz continuent d’être décrites comme déterminantes pour financer les politiques publiques et les projets structurants.

Le gaz comme dossier diplomatique : l’Algérie dans les forums internationaux

La dimension internationale du portefeuille est particulièrement visible sur le dossier gazier. Mohamed Arkab intervient dans des séquences diplomatiques liées au Forum des pays exportateurs de gaz (GECF), dont un sommet s’est tenu à Alger entre fin février et début mars 2024, selon plusieurs sources de presse.

Lors de la clôture de ce sommet, des propos qui lui sont attribués dans la presse soulignent deux idées : d’une part, la nécessité d’investissements importants dans l’industrie du gaz, et d’autre part, l’existence de débouchés au-delà du seul marché européen, même si l’Algérie entretient des relations énergétiques anciennes avec l’Europe. Dans un contexte où la transition énergétique et les débats sur l’avenir des combustibles fossiles influencent l’accès au financement, le ministre met en avant la difficulté croissante à mobiliser des capitaux, thème relayé par plusieurs articles.

Des médias décrivent également le sommet d’Alger comme une plateforme de coopération internationale face à des défis énergétiques, et insistent sur la dimension géopolitique du marché du gaz. Dans ces événements, le ministre intervient à la fois comme responsable sectoriel et comme porte-voix d’une position nationale : défendre la place du gaz dans le mix énergétique mondial et sécuriser des partenariats, dans un environnement où la demande, les prix, les investissements et les choix politiques des grands blocs économiques sont étroitement liés.

Cette diplomatie du gaz n’est pas un simple exercice protocolaire. Elle s’inscrit dans le débat plus large sur le rôle du gaz dans la transition énergétique, présenté par certains responsables comme une énergie de transition, tandis que d’autres approches plaident pour une réduction plus rapide des énergies fossiles. Dans les comptes rendus médiatiques, Mohamed Arkab se situe clairement dans la ligne consistant à défendre la contribution du gaz à la sécurité énergétique et à la transition, en mettant l’accent sur la nécessité d’investissements et sur la pluralité des marchés.

Mines : diversification économique, grands projets et tensions locales

Le second pilier de son portefeuille, les mines, est présenté par l’État algérien comme un levier de diversification, susceptible de compléter, à terme, la rente tirée des hydrocarbures. Cette orientation s’incarne dans plusieurs projets, dont celui du gisement de zinc et de plomb de Tala Hamza-Amizour, dans la wilaya de Béjaïa.

Plusieurs articles relatent que Mohamed Arkab procède, le 11 novembre 2023, à la pose de la première pierre du projet d’exploitation de ce gisement, événement annoncé par un communiqué du ministère et repris par la presse.

Mais ce projet, emblématique par sa taille et par la nature des minerais concernés, est aussi un révélateur de tensions. Un reportage de presse décrit les inquiétudes d’une partie des habitants et les controverses environnementales autour de l’impact potentiel sur l’écosystème local, notamment sur la ressource en eau, dans une vallée identifiée comme zone humide protégée. Ce même récit rapporte que, face aux critiques, des initiatives de communication institutionnelle ont été organisées et que le ministre a affirmé que les interventions de la société civile et d’experts avaient été prises en compte, une déclaration contestée par certains interlocuteurs cités.

La question minière, dans ce contexte, ne se limite donc pas à la seule faisabilité technique ou à la promesse d’emplois. Elle ouvre un terrain de confrontation où se croisent développement industriel, acceptabilité sociale, débat environnemental et relations entre centre et périphérie. Le fait que le dossier soit piloté au niveau ministériel, et que la pose de la première pierre ait été menée par Mohamed Arkab, souligne l’importance accordée par l’État à ce projet.

Parallèlement, la presse nationale continue de suivre, en 2025, la dynamique réglementaire et administrative du secteur, avec des annonces du ministre d’État sur des textes à publier et une volonté affichée de clarifier les missions des différentes entités. Dans un domaine où la multiplication des autorisations, des opérateurs et des niveaux d’intervention peut ralentir les chantiers, l’enjeu de lisibilité institutionnelle devient un sujet en soi.

Enfin, en filigrane de ces débats, demeure le diagnostic plus général : même lorsque l’Algérie cherche à développer ses mines et d’autres filières, ses marges de manœuvre restent conditionnées par les revenus issus du pétrole et du gaz. Les analyses de presse sur la conjoncture algérienne rappellent régulièrement cette dépendance, qui pèse sur la soutenabilité des investissements et sur la capacité à absorber un choc de prix sur les marchés mondiaux.

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