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L'ACTUALITÉ DE LA GRANDE ÎLE DEPUIS 1929

Jean Pisani-Ferry : perspectives post-COP28 et le maintien des alertes climatiques


L'évaluation des résultats de la COP28 qui s'est tenue à Dubaï début décembre reste complexe. Certains mettent en lumière des engagements tangibles tels que le triplement des capacités renouvelables d'ici 2030 et les promesses de certaines compagnies pétrolières d'éliminer les fuites de méthane. D'autres soulignent les précautions dans les déclarations qui réduisent l'engagement à sortir graduellement des énergies fossiles, ainsi que l'incapacité des pays du Nord à contribuer significativement à la décarbonation du Sud.


Chaque conférence annuelle suscite inévitablement ce genre de débat. L'opinion publique retient peut-être davantage que l'impact de ces grandes réunions se mesure en termes de tonnes de carbone brûlées dans les voyages en avion des participants plutôt qu'en émissions évitées par les résolutions adoptées. C'est du moins le constat fait par les activistes climatiques dont le désenchantement, de plus en plus palpable chaque année, alimente la frustration.


Les économistes eux-mêmes expriment leur désarroi. En 2015, des voix comme celles de Christian Gollier et Jean Tirole ont critiqué la stratégie des engagements volontaires. Ils craignaient que cette approche ne fasse qu'entretenir l'immobilisme collectif tout en donnant l'illusion d'une action en cours (voir « Negotiating effective institutions against climate change », Economics of Energy & Environmental Policy, septembre 2015). C'est ce constat qui les a amenés à plaider en faveur d'une tarification du carbone.


Réflexions sur les résultats de la COP28

L'évaluation des résultats de la COP28 reste délicate, marquée par des perspectives contrastées. Certains soulignent les avancées tangibles comme le développement prévu des énergies renouvelables et les engagements pris par certaines compagnies pétrolières. D'autres mettent en évidence les lacunes dans les déclarations officielles, pointant du doigt l'absence de contributions significatives des pays du Nord à la transition énergétique des pays du Sud.


Chaque édition de la COP génère ce type de débat où l'impact réel des résolutions adoptées semble parfois s'effacer derrière les émissions de carbone engendrées par les déplacements des participants. Cette constatation contribue à accroître le cynisme et la frustration parmi les militants écologistes, constamment déçus par ces rencontres.


Les économistes eux-mêmes ont exprimé des doutes sur l'efficacité des engagements volontaires. La crainte principale était que ces démarches n'engendrent qu'une inertie collective tout en donnant l'illusion d'un progrès, un point de vue qui a conduit à la promotion de la tarification du carbone comme une alternative plus efficace.


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