À l’approche de son investiture, Andry Rajoelina, parcourant les quartiers populaires d’Antananarivo, lance une promesse audacieuse: la création d’une nouvelle ville destinée aux plus démunis. Lors de sa visite à Ambohimanarina, il dévoile un projet de logements décents et d’infrastructures clés, visant à transformer radicalement la vie des citoyens en marge.
Une collaboration internationale ou un mirage politique ?
Rajoelina souligne que ce projet serait mené en partenariat avec le gouvernement américain, évoquant des succès similaires au Rwanda et au Zimbabwe. Cependant, cette annonce suscite des interrogations: s’agit-il d’un engagement concret ou d’une stratégie politique visant à séduire l’électorat sans garantie de réalisation ?
Tanamasoandro: un projet de ville nouvelle controversé
Le projet Tanamasoandro, pilier de la campagne présidentielle de 2018 de Rajoelina, devait débuter fin 2019 mais a rencontré une opposition féroce de la part des habitants d’Ambohitrimanjaka. Déplacé à Imerintsiatosika, le projet est depuis dans une impasse, sans avancée ni communication officielle. Cette stagnation soulève des doutes sur la faisabilité et la gestion de telles initiatives.
Héritage ou opportunisme politique ?
Bien que présenté comme une initiative innovante, le concept de « ville nouvelle » n’est pas inédit à Antananarivo, remontant aux années 1990 et repris sous le régime Rajaonarimampianina. Le choix de Rajoelina de l’adopter comme projet-phare interroge: est-ce un héritage politique réinventé ou un opportunisme visant à capitaliser sur des idées préexistantes ?
Entre espoir et scepticisme
La promesse de Rajoelina de créer une nouvelle ville pour les plus démunis est reçue avec un mélange d’espoir et de scepticisme. La réussite de ce projet pourrait représenter un tournant majeur pour Madagascar, mais son historique de projets avortés incite à la prudence. Le débat est donc ouvert: Rajoelina est-il le visionnaire dont Madagascar a besoin, ou ses promesses sont-elles des illusions politiques ?



