Qui est Mohlomi Moleko ?

Figure montante de la vie politique et économique du Lesotho, Mohlomi Moleko s’est imposé en quelques années comme l’un des responsables publics les plus influents du royaume. Issu du monde de la finance et de l’audit, devenu entrepreneur avant d’entrer en politique, il incarne un profil hybride, à la croisée des compétences techniques et de la décision publique. Sa trajectoire reflète une évolution progressive, marquée par une ascension fondée sur l’expertise, la gestion rigoureuse et une connaissance approfondie des mécanismes économiques. Depuis son entrée au Parlement en 2022 et sa nomination au sein du gouvernement, il occupe un rôle central dans la gestion des ressources naturelles, de l’eau et de l’énergie, secteurs stratégiques pour l’avenir du Lesotho. Cette biographie retrace son parcours, ses responsabilités, ses choix politiques et les défis auxquels il est confronté dans un contexte national et régional complexe.

Une formation financière solide et une carrière d’expert reconnue

Avant toute implication politique, Mohlomi Moleko a bâti sa réputation dans le domaine de la comptabilité et de l’audit. Formé comme comptable agréé, il s’inscrit dans une tradition professionnelle exigeante, reposant sur la maîtrise des normes financières, de la gestion des risques et de la gouvernance d’entreprise. Cette formation lui permet d’évoluer rapidement dans des environnements économiques variés, tant au Lesotho qu’en Afrique du Sud, où il acquiert une expérience déterminante.

Durant près de vingt ans, il exerce en tant que Chartered Accountant, occupant des fonctions à haute responsabilité au sein de cabinets d’audit et de conseil. Il devient notamment managing partner de Moleko & Associates, structure spécialisée dans l’audit financier, la fiscalité et le conseil stratégique. À ce poste, il accompagne des entreprises locales et régionales dans leur structuration financière, leur conformité réglementaire et leur développement à long terme.

Son parcours se poursuit chez Moores Rowland Lesotho, où il accède au rang de senior partner. Dans ce cadre, il supervise des missions complexes impliquant des institutions publiques, des sociétés privées et des organismes financiers. Son travail ne se limite pas à l’analyse comptable : il participe à la mise en place de systèmes de contrôle interne, à l’évaluation de projets d’investissement et à la restructuration d’organisations confrontées à des difficultés financières.

Parallèlement à ses activités professionnelles, Moleko s’engage dans la vie institutionnelle du pays. Il devient président de l’Institut des Comptables du Lesotho, contribuant à la régulation et à la professionnalisation du secteur. Il siège également dans plusieurs conseils d’administration, notamment celui de First National Bank Lesotho, où il préside des comités stratégiques liés à l’audit et à la gestion des risques. Ces fonctions renforcent sa visibilité et son influence dans les cercles économiques nationaux.

Cette longue période passée dans le secteur privé façonne sa vision du développement : rigueur budgétaire, efficacité des processus, importance de la planification à long terme et nécessité d’un cadre réglementaire clair. Autant d’éléments qui deviendront centraux dans son action politique ultérieure.

L’expérience entrepreneuriale et la diversification économique

Après avoir quitté l’audit à plein temps, Mohlomi Moleko s’oriente vers l’entrepreneuriat. Ce tournant intervient autour de 2018, lorsqu’il décide de consacrer davantage de temps à ses propres projets économiques. Cette phase de sa carrière est marquée par une diversification volontaire de ses activités, dans des secteurs qu’il considère comme essentiels au développement du Lesotho.

Il s’implique notamment dans des entreprises actives dans la construction, l’immobilier et l’agrégation de ciment, domaines clés pour l’urbanisation et les infrastructures nationales. À travers Global Thrust (Pty) Ltd, il participe à des projets liés à la fourniture de matériaux de construction et au développement immobilier, contribuant à répondre à la demande croissante en logements et en infrastructures.

L’exploitation minière constitue un autre volet important de son engagement entrepreneurial. Conscient du potentiel du sous-sol basotho, historiquement dominé par l’extraction de diamants, Moleko s’intéresse également à d’autres ressources minérales. Cette expérience lui offre une compréhension directe des contraintes techniques, environnementales et réglementaires liées au secteur minier, un savoir précieux lorsqu’il accédera à des fonctions gouvernementales.

Cette période entrepreneuriale renforce son profil de décideur pragmatique, habitué à évaluer les risques, à gérer des équipes et à naviguer dans des environnements économiques parfois instables. Elle nourrit également sa conviction que le développement du Lesotho doit s’appuyer sur une économie diversifiée, capable de créer de la valeur ajoutée localement et de réduire la dépendance vis-à-vis de l’extérieur.

L’entrée en politique et l’accession aux responsabilités gouvernementales

Le passage de Mohlomi Moleko à la sphère politique s’opère officiellement en 2022. Il est élu membre du Parlement pour la circonscription de Qoaling, marquant son entrée dans l’arène politique nationale. Cette élection intervient dans un contexte de recomposition du paysage politique du Lesotho, caractérisé par une demande accrue de compétences techniques au sein du gouvernement.

Quelques mois seulement après son entrée au Parlement, il est nommé ministre, une ascension rapide qui témoigne de la confiance placée en son expertise. Il se voit confier des portefeuilles stratégiques, en particulier ceux liés aux ressources naturelles et à l’énergie. Ces ministères jouent un rôle déterminant dans un pays dont l’économie dépend fortement de l’exploitation de ses ressources hydriques et minières.

En tant que ministre, Moleko adopte un discours axé sur la rationalité économique et la durabilité. Il met en avant la nécessité de moderniser les cadres législatifs, d’améliorer la gouvernance des ressources naturelles et de renforcer la transparence dans l’attribution des licences et des contrats. Son approche se distingue par un vocabulaire technique, parfois perçu comme celui d’un technocrate plus que d’un politicien traditionnel.

Il insiste également sur l’importance de la coopération régionale, estimant que le Lesotho ne peut exploiter pleinement son potentiel sans s’inscrire dans des partenariats avec ses voisins. Cette vision se traduit notamment par son implication dans des projets transfrontaliers liés à l’eau et à l’énergie.

La gestion de l’eau et des ressources naturelles, un enjeu stratégique

L’un des axes majeurs de l’action ministérielle de Mohlomi Moleko concerne la gestion de l’eau, ressource stratégique du Lesotho. Le pays est souvent décrit comme le château d’eau de l’Afrique australe, en raison de son rôle central dans l’alimentation des bassins hydriques régionaux. Cette position confère au Lesotho un poids géopolitique important, mais implique également de lourdes responsabilités.

Moleko s’implique activement dans le suivi et le développement du Lesotho Highlands Water Project, un programme d’envergure destiné à capter, stocker et transférer l’eau vers l’Afrique du Sud, tout en produisant de l’électricité hydroélectrique pour le marché national. Il défend une vision selon laquelle ces infrastructures doivent bénéficier non seulement aux partenaires régionaux, mais aussi aux communautés locales, par l’amélioration de l’accès à l’eau potable, à l’électricité et aux opportunités économiques.

Il soutient également des projets visant à étendre l’approvisionnement en eau vers des régions rurales isolées, souvent confrontées à des pénuries chroniques. Ces initiatives s’inscrivent dans une stratégie plus large de lutte contre les inégalités territoriales et de promotion du développement inclusif.

Sur le plan minier, Moleko cherche à renforcer le cadre réglementaire afin d’attirer des investissements tout en limitant les impacts environnementaux. Il plaide pour une exploitation responsable, assortie d’obligations strictes en matière de réhabilitation des sites et de protection des ressources en eau. Cette approche vise à concilier les impératifs économiques et environnementaux, un équilibre délicat dans un pays où les revenus miniers jouent un rôle significatif.

L’énergie, moteur de transformation économique et sociale

La question énergétique occupe une place centrale dans l’agenda de Mohlomi Moleko. Le Lesotho, malgré son potentiel hydroélectrique et solaire, demeure confronté à un accès limité à l’électricité, en particulier dans les zones rurales. En tant que ministre, il met l’accent sur l’expansion des infrastructures énergétiques et sur la diversification des sources de production.

Il participe à des dialogues nationaux et régionaux sur l’accès à l’énergie, soulignant que l’électricité constitue un levier fondamental pour le développement économique, l’éducation et la santé. Sous son impulsion, le gouvernement s’engage dans des initiatives visant à accroître la part des énergies renouvelables, notamment le solaire et l’éolien, afin de réduire la dépendance aux importations et aux combustibles fossiles.

Moleko soutient également des partenariats public-privé destinés à accélérer l’électrification du pays. Il considère que l’État doit jouer un rôle de facilitateur, en créant un environnement réglementaire attractif pour les investisseurs, tout en veillant à ce que les bénéfices de ces projets profitent à l’ensemble de la population.

Controverses, critiques et défis politiques

Comme toute figure politique de premier plan, Mohlomi Moleko n’échappe pas aux critiques. Certaines décisions liées à l’exploitation minière et à la gestion environnementale ont suscité des controverses, notamment lorsque des rapports ont fait état de pollutions de cours d’eau attribuées à des activités minières. Des voix se sont élevées pour reprocher au ministère un manque de fermeté à l’égard des entreprises concernées.

Ces critiques mettent en lumière les tensions inhérentes à la gestion des ressources naturelles dans un pays en développement : la nécessité d’attirer des investissements étrangers se heurte souvent aux exigences de protection de l’environnement et aux attentes des communautés locales. Moleko se trouve ainsi au cœur de débats complexes, où chaque décision est scrutée à la fois par les acteurs économiques, les organisations de la société civile et l’opinion publique.

Sur le plan politique, il doit également composer avec un paysage partisan fragmenté, où les équilibres gouvernementaux peuvent évoluer rapidement. Sa capacité à maintenir une ligne cohérente et à faire avancer ses projets dépend en grande partie de sa faculté à nouer des alliances et à convaincre au-delà de son camp politique.

Une figure clé pour l’avenir du Lesotho

Mohlomi Moleko incarne une génération de dirigeants qui cherchent à introduire des méthodes issues du secteur privé dans la gestion publique. Son parcours, marqué par l’expertise financière, l’entrepreneuriat et l’action gouvernementale, lui confère un profil singulier dans le paysage politique du Lesotho.

Alors que le pays fait face à des défis majeurs liés au changement climatique, à la croissance démographique et à la transformation économique, les politiques menées dans les domaines de l’eau, de l’énergie et des ressources naturelles seront déterminantes. À ce titre, le rôle de Moleko continuera d’être central dans les années à venir.

Son action sera jugée à l’aune de sa capacité à traduire ses visions en résultats concrets, à renforcer la transparence et la gouvernance, et à garantir que les richesses naturelles du Lesotho contribuent réellement à l’amélioration des conditions de vie de sa population. Qu’il soit perçu comme un technocrate pragmatique ou comme un acteur politique controversé, Mohlomi Moleko s’est imposé comme une figure incontournable du pouvoir basotho contemporain.

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