Motlatsi Maqelepo est l’une des figures politiques les plus discutées du paysage politique du Lesotho au début du XXIᵉ siècle. Homme politique d’origine modeste, il s’est progressivement imposé comme une personnalité influente et controversée, occupant plusieurs postes ministériels et jouant un rôle majeur au sein du Basotho Action Party, un parti qui tente de redéfinir l’avenir du pays. Son parcours, depuis son enfance à Sehlabeng Sa Thuathe jusqu’à ses responsabilités gouvernementales et les défis internes de son parti, illustre non seulement les aspirations d’un homme mais aussi les tensions et dynamiques de la scène politique basotho contemporaine. L’histoire de Maqelepo est celle de la montée d’un jeune leader, de ses ambitions nationales et des épreuves qui ont jalonné son ascension, y compris les conflits internes et les critiques dont il a fait l’objet. Au fil de cet article, nous revenons sur les éléments essentiels de sa vie, son engagement politique, ses mandats ministériels, les défis rencontrés dans son parti, ainsi que l’impact de son action sur la société basotho.
De ses origines à ses premières aspirations : jeunesse et formation
Motlatsi Maqelepo est né le 22 août 1979 dans le village de Sehlabeng Sa Thuathe, situé dans le district de Berea, au Lesotho. Il grandit dans une famille où l’éducation et l’engagement social tiennent une place importante. Son enfance est marquée par les efforts de sa mère, qui après avoir élevé ses trois fils, retourne à l’école primaire à l’âge de 27 ans puis obtient deux diplômes et devient enseignante. Elle occupe également un rôle actif en tant que secrétaire de circonscription au sein du All Basotho Convention (ABC) pour deux mandats, contribuant ainsi à développer chez son fils une conscience civique et politique dès son plus jeune âge.
À onze ans, Maqelepo développe un intérêt précoce pour la politique en accompagnant ses oncles qui participent à des campagnes et des rassemblements politiques en préparation des élections de 1993. Ces expériences, mêlées aux chants et aux activités politiques, éveillent en lui une passion pour la vie publique et l’instillent un désir d’engagement envers la transformation de sa communauté.
Il fréquente ensuite le lycée de Morija, où il poursuit ses études secondaires avant de se diriger vers l’université. Il obtient une licence en informatique et statistiques à l’Université nationale du Lesotho, une formation qui lui donne un socle solide de connaissances analytiques et techniques.
Après l’université, Maqelepo commence sa carrière professionnelle comme fonctionnaire puis travaille pour différentes entreprises privées, avant de fonder sa propre société. Cette période de sa vie lui permet d’acquérir une expérience du monde du travail, d’apprendre la gestion ainsi que les rouages du secteur privé. Elle contribue aussi à enrichir sa vision du leadership et du service public.
Ces premières années de formation et de carrière façonnent la vision de Maqelepo : il s’affirme comme un jeune professionnel dynamique, doté d’ambitions pour son pays et prêt à s’investir dans des défis plus larges, notamment sur la scène politique nationale.
L’émergence politique : de la base à l’élection au Parlement
La carrière politique de Motlatsi Maqelepo débute réellement lorsqu’il s’engage au sein du Basotho Action Party (BAP), un parti politique qui se veut alternatif aux formations traditionnelles du Lesotho. Il est motivé par l’idée d’un gouvernement plus transparent, responsable et tourné vers les aspirations du peuple. La BAP se positionne comme un parti prônant l’intégrité, l’égalité, la transparence et l’inclusion, avec pour valeurs fondamentales l’imputabilité, l’égalité des chances et le respect de la loi.
Aux élections générales de 2017, Maqelepo se présente dans la circonscription de Berea 27 et remporte un siège à l’Assemblée nationale, marquant ainsi son entrée officielle au Parlement du Lesotho. Ce succès, obtenu face à des adversaires politiques aguerris, reflète à la fois sa capacité à mobiliser les électeurs et l’attrait croissant pour un changement politique dans la société basotho. Il devient membre de l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement du Lesotho, qui compte 120 membres élus selon un système mixte combinant scrutin majoritaire uninominal et représentation proportionnelle.
Au Parlement, Maqelepo se positionne comme une voix active, prêt à défendre les intérêts de sa circonscription mais également à prendre part aux débats nationaux sur des questions clés telles que la santé, l’éducation, l’économie et la gouvernance. Son passage à l’Assemblée nationale renforce sa réputation de jeune leader capable de porter les aspirations d’une génération de Basotho en quête de changement.
Sa montée en politique est également soutenue par son implication dans des structures régionales, notamment au sein du forum parlementaire de la SADC (Communauté de développement de l’Afrique australe), où il sert et acquiert davantage d’expérience, en se confrontant à des enjeux politiques et diplomatiques plus larges.
De l’hémicycle à l’exécutif : responsabilités ministérielles
La carrière gouvernementale de Motlatsi Maqelepo prend une nouvelle dimension lorsque les autorités nationales le nomment au sein du gouvernement. De 2020 à 2022, il est nommé ministre de la Santé sous le gouvernement dirigé par le Premier ministre Moeketsi Majoro. À ce poste crucial, il doit faire face à des défis majeurs, notamment dans un contexte où les questions de santé publique, la gestion des infrastructures sanitaires et l’accès aux soins sont au centre des préoccupations des Basotho. En tant que ministre, Maqelepo est appelé à coordonner les stratégies de santé publique, à superviser les établissements sanitaires et à travailler avec les partenaires internationaux pour améliorer les services de santé.
Son mandat à la tête du ministère de la Santé se déroule dans un contexte de fortes attentes, avec notamment la nécessité de renforcer le système de santé, d’améliorer l’accès aux soins primaires et de lutter contre les maladies endémiques. Ce rôle exige de lui une capacité à gérer des budgets, à dialoguer avec les professionnels de santé et à répondre aux critiques parlementaires et publiques, le tout dans un environnement politique parfois instable.
En novembre 2023, Maqelepo est nommé ministre du Tourisme, des Sports, des Arts et de la Culture dans le gouvernement du Premier ministre Sam Matekane. Cette nomination ouvre un nouveau chapitre dans sa carrière ministérielle. Le tourisme, en particulier, représente un secteur stratégique pour le Lesotho, un pays enclavé qui cherche à stimuler son économie et à diversifier ses sources de revenus en valorisant son patrimoine culturel, naturel et sportif.
En tant que ministre responsable de ces secteurs, Maqelepo esquisse des stratégies visant à renforcer l’industrie touristique, promouvoir les sites culturels, soutenir les arts locaux et dynamiser le sport en tant que vecteur d’unité nationale et d’opportunités pour les jeunes. Il met également l’accent sur le rôle que ces domaines peuvent jouer dans la création d’emplois, le renforcement du tissu social et l’attraction de partenaires internationaux pour des investissements durables.
Ces responsabilités ministérielles permettent à Maqelepo de façonner des politiques publiques à un niveau élevé et de participer activement à la définition de l’orientation socio-économique du pays. Elles renforcent son profil de leader politique engagé à transformer des secteurs clés de la nation.
Un leadership contesté : tensions au sein du Basotho Action Party
Malgré une trajectoire ascendante, Motlatsi Maqelepo fait également face à des défis politiques internes importants, notamment au sein de son propre parti, le Basotho Action Party. Alors qu’il exerce des fonctions de premier plan, des tensions s’élèvent progressivement entre lui et certains dirigeants du BAP, conduisant à des débats sur sa position et son rôle au sein de la formation politique.
En 2024 et 2025, la situation se tend lorsque le leader du parti, professeur Nqosa Mahao, prend la décision de suspendre Maqelepo pour une durée de sept ans, invoquant des allégations de conduite inappropriée et des violations présumées de la discipline du parti. La suspension est motivée par des accusations liées à des communications non autorisées avec le Premier ministre et des actions qui auraient contredit les protocoles internes du parti. Cette mesure controversée déclenche un débat au sein du BAP et dans l’opinion publique basotho sur la légitimité de la décision, l’autorité du comité exécutif central du parti et le traitement réservé à des figures politiques importantes.
La suspension est par la suite contestée devant les tribunaux, et la Haute Cour du Lesotho annule la décision considérant que certaines procédures n’ont pas été respectées. Cela conduit à une bataille juridique qui se prolonge, avec des appels devant la Cour d’appel pour clarifier la situation, reflétant ainsi une crise de gouvernance interne au sein du Basotho Action Party.
Ces tensions mettent en lumière les difficultés auxquelles sont confrontés les partis politiques du Lesotho lorsqu’ils tentent de concilier leadership, discipline interne et respect des processus démocratiques. Pour Maqelepo, ces événements représentent un moment de friction critique qui remet en question non seulement sa position au sein du parti mais aussi sa capacité à influencer l’avenir politique de la BAP.
Entre défis et perspectives : le regard sur l’avenir
Alors que Motlatsi Maqelepo navigue entre ses responsabilités gouvernementales et les controverses internes à son parti, son rôle dans la vie politique du Lesotho demeure significatif. Il représente une génération de politiciens plus jeunes, porteurs d’aspirations de changement et de réforme dans un pays où les défis socio-économiques, la gouvernance et la stabilité politique restent des enjeux majeurs.
Son engagement auprès des jeunes Basotho, notamment à travers des initiatives sportives et culturelles, ainsi que son travail pour promouvoir le tourisme, illustrent une vision qui dépasse la simple gestion ministérielle pour s’étendre à une idée plus large du développement national. Dans ses discours publics, il souligne souvent l’importance de l’éducation, de l’inclusion et de la transparence comme piliers essentiels d’une gouvernance moderne et responsable.
Néanmoins, les défis auxquels il est confronté, y compris les divisions internes au sein du Basotho Action Party, montrent que l’arène politique au Lesotho est complexe et parfois imprévisible. La capacité de Maqelepo à surmonter ces obstacles, à regagner la confiance de ses partisans et à consolider sa position dépendra de son habileté à naviguer dans ces eaux politiques agitées tout en restant fidèle à ses convictions et engagements envers ses électeurs.
À une époque où le Lesotho s’efforce d’élargir ses horizons économiques et d’élever le niveau de vie de ses citoyens, des leaders comme Motlatsi Maqelepo sont scrutés de près, tant pour leurs succès que pour leurs erreurs. Que l’on considère sa carrière comme un exemple d’ascension politique ou comme un cas d’étude sur les défis du leadership dans un contexte multipartite, son influence sur la scène politique basotho est indéniable.
Conclusion
Motlatsi Maqelepo incarne une figure centrale de la politique contemporaine du Lesotho. Sa trajectoire, de ses premiers pas dans la vie politique jusqu’à ses postes ministériels importants, illustre l’évolution d’un jeune leader engagé qui aspire à promouvoir la transparence, la responsabilité et le changement dans sa nation. Parallèlement à ses responsabilités gouvernementales, les défis internes auxquels il fait face, y compris des tensions au sein de son propre parti, soulignent la complexité du paysage politique basotho et la nécessité pour les leaders de faire preuve de résilience, d’adaptabilité et de vision. Alors que le Lesotho continue de chercher des solutions aux défis socio-économiques et institutionnels qui le traversent, l’avenir politique de Maqelepo demeure l’un des éléments à suivre avec attention pour comprendre la dynamique d’un pays en pleine mutation



