Richard Ramoeletsi est l’une des figures politiques les plus influentes de la monarchie constitutionnelle du Lesotho, où il occupe depuis plusieurs années des responsabilités gouvernementales de premier plan. Sa carrière, marquée par une progression constante au sein de l’exécutif national, illustre l’évolution politique du pays et les défis auxquels il est confronté dans le domaine juridique et institutionnel. Aujourd’hui ministre de la Loi et de la Justice, Ramoeletsi est perçu comme un acteur central des réformes juridiques et de l’affermissement de l’État de droit au Lesotho, un pays qui cherche à consolider ses institutions démocratiques tout en répondant à des enjeux sociétaux majeurs. Cet article retrace de manière approfondie la trajectoire, les actions, les défis et les contributions de Richard Ramoeletsi à la vie politique et juridique de son pays.
En raison du contexte particulier du Lesotho, une monarchie enclavée au cœur de l’Afrique australe, la fonction de ministre de la Loi et de la Justice revêt une importance stratégique. Elle n’implique pas seulement l’administration du système judiciaire, mais aussi la conduite de réformes législatives, la protection des droits fondamentaux et l’interaction avec la société civile et les partenaires internationaux. À travers ce parcours singulier, Richard Ramoeletsi est amené à jongler entre des impératifs politiques, juridiques et sociaux, tout en portant la voix des aspirations citoyennes dans le débat public.
Un parcours politique au service de l’État
Richard Ramoeletsi est un homme politique basotho dont les origines personnelles et la jeunesse ne sont pas largement documentées dans les sources publiques disponibles. En revanche, la progression de sa carrière au sein du gouvernement est bien connue : il a d’abord été nommé ministre de la Fonction publique, du Travail et de l’Emploi, avant d’être repositionné à la tête du ministère de la Loi et de la Justice dans le cadre d’un remaniement ministériel. Cette évolution, intervenue au sein du gouvernement dirigé par le Premier ministre Sam Matekane, illustre la confiance dont il jouit auprès de la direction politique du pays.
Le gouvernement de Sam Matekane, issu d’un coalition politique majoritaire incluant le parti Revolution For Prosperity (RFP), l’Alliance des Démocrates et le Movement for Economic Change, a pris ses fonctions en novembre 2022 après des élections générales qui ont marqué un tournant politique au Lesotho. Dans ce contexte, la nomination de Richard Ramoeletsi à un portefeuille aussi stratégique que celui de la Justice témoigne de l’importance accordée aux questions juridiques et institutionnelles dans l’agenda gouvernemental.
Occupant ce poste depuis fin 2023, il supervise l’élaboration des politiques juridiques, la réforme du cadre législatif et la supervision du système judiciaire. Sa mission englobe également la coordination des efforts pour moderniser le droit togolais et faire face aux défis contemporains qui se posent dans une société en pleine mutation.
Les responsabilités au ministère de la Loi et de la Justice
La fonction de ministre de la Loi et de la Justice confère à Richard Ramoeletsi une place centrale dans le paysage institutionnel basotho. À ce titre, il est chargé de piloter un ministère qui agit à la fois comme gardien de l’État de droit et comme moteur de réformes juridiques. Son rôle est multiple et s’étend sur plusieurs axes complémentaires.
L’un des aspects essentiels de sa fonction est la supervision du système judiciaire. Cela implique une responsabilité directe dans l’organisation et le fonctionnement des tribunaux, l’amélioration de l’accès à la justice pour les citoyens, et la garantie que les lois en vigueur répondent aux besoins de la population. Dans un pays confronté à des défis tels que la violence, les inégalités et les tensions sociales, cette mission est cruciale pour renforcer la confiance du public dans les institutions.
Un autre volet central de son mandat concerne la réforme du cadre législatif. Le ministère qu’il dirige est impliqué dans l’actualisation des lois existantes, la rédaction de nouveaux textes et la coordination de processus réglementaires complexes. Cela inclut par exemple l’intégration de normes internationales et la promotion de législations respectueuses des droits humains.
Richard Ramoeletsi est également impliqué dans la planification stratégique du ministère, comme en témoigne son rôle dans l’organisation d’un atelier de planification stratégique à Leribe, visant à établir une feuille de route pour la période 2025–2030. Ce plan a pour objectif de restaurer la confiance du public dans le système judiciaire et de renforcer la gouvernance en matière de justice, en collaboration avec divers acteurs nationaux et internationaux.
Initiatives significatives et engagement citoyen
Une approche participative avec les communautés
Richard Ramoeletsi est particulièrement reconnu pour son approche ouverte envers la société civile et les préoccupations citoyennes. Un exemple marquant de cette approche est sa réception d’une pétition citoyenne demandant une meilleure protection des enfants contre les abus et les violences, soumise par des mères de la communauté de Leqele. Cette initiative s’inscrit dans un mouvement plus large de mobilisation sociale pour la promotion des droits des enfants au Lesotho. Le ministre a souligné que cette pétition, au-delà de son contenu, représentait la voix du peuple et pourrait servir de fondement à un projet de loi, après examen par des instances judiciaires communautaires.
Cette démarche illustre sa volonté de permettre au public d’influencer directement le processus législatif, offrant ainsi une dimension participative à la gouvernance. Cela représente une forme de dialogue entre l’État et la société civile, dans lequel les préoccupations des citoyens sont prises en compte pour orienter les décisions politiques et législatives.
Réformes et modernisation de l’administration pénitentiaire
Dans le cadre de ses fonctions, Richard Ramoeletsi s’est également confronté à des défis structurels au sein du système pénitentiaire. Il a témoigné devant une commission d’enquête sur des incidents graves survenus dans une prison centrale, où des allégations d’usage excessif de la force, de torture et de manque de soins médicaux ont été soulevées. Ce rôle de témoin devant une commission indépendante reflète son engagement à promouvoir la transparence et à rechercher des solutions pour que de telles violations des droits humains ne se reproduisent pas.
Par ailleurs, il a présenté devant le Parlement un budget destiné à moderniser le système carcéral, proposant des initiatives originales comme l’intégration d’activités agricoles dans les établissements pénitentiaires afin de réduire les coûts de nourriture pour les détenus tout en leur offrant des compétences pratiques utiles pour leur réinsertion dans la société. Ces mesures visent à rendre le système moins coûteux et plus orienté vers la réhabilitation que simplement la punition.
Promouvoir l’accès à la justice et les droits humains
Richard Ramoeletsi œuvre également à renforcer les connaissances et la sensibilisation autour des droits humains. Il a ouvert des ateliers destinés aux parlementaires pour renforcer leur compréhension des enjeux liés aux droits humains et les inciter à jouer un rôle plus actif dans la protection de ces droits au sein de leurs fonctions législatives. Ce type d’initiative montre son engagement pour une culture politique plus informée et responsable.
En parallèle, il a plaidé publiquement pour un changement de mentalité au sein de la société basotho, appelant à une implication collective dans des campagnes telles que “Boloka Lesotho Le Hloekile” (« Garder le Lesotho propre »), soulignant que l’amélioration de l’environnement social nécessite l’engagement de tous les citoyens, pas seulement des institutions publiques.
Soutien à la modernisation du cadre juridique
Un autre champ d’action essentiel de Richard Ramoeletsi a été sa participation au lancement d’un Index des lois du Lesotho, un projet majeur destiné à recenser et classer toutes les lois nationales de manière transparente et accessible. Cette initiative, financée avec l’aide de partenaires internationaux, permet de clarifier l’état du corpus législatif national et de renforcer la transparence du système juridique. Elle constitue un outil important pour les citoyens, les législateurs et les praticiens du droit.
L’indexation des lois s’inscrit également dans une dynamique plus vaste de modernisation de l’appareil juridique, en facilitant l’identification des textes obsolètes ou incompatibles avec les objectifs de bonne gouvernance. Cela contribue à une meilleure cohérence du système juridique et à la promotion de l’État de droit.
Engagement régional pour la propriété intellectuelle
Au-delà des frontières du Lesotho, Richard Ramoeletsi a aussi joué un rôle dans la coopération régionale, notamment dans le domaine de la propriété intellectuelle. Il a conduit une délégation lors d’une visite officielle à l’Organisation Régionale Africaine de la Propriété Intellectuelle (ARIPO) à Harare, au Zimbabwe. Cette mission a eu pour objectif de renforcer le cadre institutionnel et juridique de la propriété intellectuelle au Lesotho, en vue de favoriser l’innovation, la créativité et le développement économique.
Dans ce contexte, il a réaffirmé l’importance d’instruments juridiques internationaux, tels que des protocoles protégeant les connaissances traditionnelles, les expressions culturelles, et les créations locales, montrant ainsi l’ambition d’élargir l’impact du cadre juridique national vers des sphères régionales et internationales.
Défis et controverses
Comme tout dirigeant politique, Richard Ramoeletsi est confronté à des défis et à des controverses. Parmi eux, l’application de réformes juridiques sensibles, telles que la loi sur les successions, a suscité des débats et des inquiétudes au sein du Sénat et de la société civile. Cette loi, visant à remplacer des règles coutumières héritées du passé par des normes plus égalitaires, a généré des discussions sur ses effets sociaux, notamment pour les veuves et les orphelins dans les zones rurales. Certains parlementaires ont exprimé des réserves, appelant à des ajustements pour mieux concilier modernisation juridique et respect des traditions.
De manière plus large, les réformes conduites par Ramoeletsi s’inscrivent dans un contexte où le Lesotho cherche à concilier traditions et modernité, un équilibre souvent difficile à atteindre dans des sociétés où le droit coutumier joue un rôle social important. Cela exige des compétences politiques et juridiques fines pour naviguer entre attentes populaires, normes internationales et impératifs de développement institutionnel.
Une influence grandissante et un rôle stratégique
L’influence de Richard Ramoeletsi au sein du gouvernement basotho se manifeste par son implication dans de nombreux aspects de la vie politique et institutionnelle du pays. Au-delà de ses responsabilités quotidiennes, il agit comme un médiateur entre l’État et la société civile, un défenseur des droits humains et un promoteur de la réforme juridique. Son action s’inscrit dans un contexte global où le Lesotho cherche à renforcer sa démocratie, à affirmer l’État de droit et à répondre aux aspirations de ses citoyens.
Son engagement dans des domaines variés, de la protection des enfants aux questions de propriété intellectuelle en passant par l’amélioration de l’administration pénitentiaire, illustre la diversité des défis auxquels il doit faire face. Cette polyvalence est caractéristique des responsabilités ministérielles dans les pays en développement, où les ministres sont appelés à combiner fonctions administratives, représentation politique et interaction avec un large éventail d’acteurs nationaux et internationaux.
À mesure que le Lesotho avance dans ses réformes institutionnelles, il est probable que Richard Ramoeletsi continue de jouer un rôle central, influençant non seulement le développement juridique du pays, mais aussi la manière dont la justice et la gouvernance sont perçues par la population. Son parcours, encore en devenir, reflète les défis d’un pays en transition, aspirant à moderniser ses institutions tout en préservant sa cohésion sociale.



