Selibe Mochoboroane est l’un des hommes politiques les plus remarquables et influents du Lesotho contemporain. À travers une carrière riche en engagements, responsabilités gouvernementales et initiatives politiques, il s’est imposé comme un acteur incontournable de la vie publique dans son pays. Son parcours, qui s’étend de l’enseignement à plusieurs postes ministériels en passant par la fondation d’un parti politique, illustre une trajectoire marquée par la détermination, la résilience et la volonté de transformer le paysage politique et social du Lesotho.
Né à Thabana Morena, dans le district de Mafeteng, Mochoboroane a gravi les échelons du pouvoir politique en s’appuyant sur une solide formation académique, une expérience professionnelle variée et un sens prononcé du service public. Aujourd’hui, il est notamment connu pour son rôle en tant que ministre de la Santé, où il s’attaque à des enjeux cruciaux pour l’attente des citoyens basotho.
Jeunesse et formation : les bases d’une vocation politique
Selibe Mochoboroane est né le 27 juillet 1976 à Thabana Morena, une localité située dans la région de Mafeteng, au Lesotho. Cette région montagneuse et caractéristique du royaume fut le cadre de ses premières années, où il a grandi entouré des réalités sociales et économiques qui allaient par la suite influencer sa vision politique.
Dès ses jeunes années, Mochoboroane a développé un intérêt marqué pour l’éducation et l’administration. Après avoir complété ses études secondaires, il s’est inscrit à l’Université nationale du Lesotho (National University of Lesotho). Il y a obtenu plusieurs diplômes, commençant par un certificat en études commerciales, suivi d’un baccalauréat en éducation, et, plus tard, d’une maîtrise en études de développement. Cette formation académique diversifiée lui a fourni une base solide pour comprendre les défis socio-économiques de son pays, ainsi que les moyens d’y répondre de manière structurée.
Avant même d’entrer dans l’arène politique, il a mis en pratique ses compétences en travaillant dans le secteur éducatif. Il a été principal d’une école secondaire, où il a supervisé l’éducation de nombreux jeunes Basotho, renforçant ainsi son engagement en faveur du développement humain.
Une carrière professionnelle avant la politique : expériences et compétences
Avant de se lancer pleinement dans la politique, Mochoboroane a acquis une expérience significative dans différents secteurs. Après sa carrière dans l’éducation, il a travaillé dans le secteur financier en tant que gestionnaire pour une institution d’épargne et de crédit. Cette expérience dans la finance lui a permis de comprendre les défis économiques auxquels sont confrontées les petites entreprises et les communautés locales, ce qui l’a préparé pour ses futurs engagements en politique économique.
Ces expériences, bien que variées, ont toutes été guidées par un objectif commun : contribuer au développement socio-économique de son pays. Elles ont également renforcé sa capacité à comprendre les problèmes complexes qui affligent diverses couches de la société basotho, un atout qui allait s’avérer précieux lorsqu’il fit son entrée dans la vie politique.
Entrée en politique et ascension au sein du Congrès du Lesotho pour la démocratie
La carrière politique de Selibe Mochoboroane a véritablement commencé avec son élection au Parlement lors des élections générales de 2012. À seulement 35 ans, il a remporté un siège de député pour la circonscription de Thabana Morena, sous la bannière du Congrès du Lesotho pour la démocratie (LCD). Ce succès a marqué le début de son engagement politique national.
Au sein du LCD, Mochoboroane ne tarda pas à se faire remarquer. Il occupa des postes de responsabilité au sein de la jeunesse du parti avant d’être nommé à des fonctions clés. Il fut notamment secrétaire général de la ligue des jeunes du parti, puis membre du comité exécutif national. Cette ascension rapide au sein du LCD témoigne de son dynamisme politique et de sa capacité à mobiliser les militants autour de ses idées.
Sa participation active et son engagement dans le parti lui valurent la nomination en tant que vice-ministre puis ministre adjoint au gouvernement de coalition dirigé par l’All Basotho Convention (ABC) après les élections de 2012. Ces premiers pas dans le gouvernement lui ont permis d’acquérir une connaissance approfondie des rouages de l’administration publique.
De la rupture à la création du Movement for Economic Change
Malgré sa progression au sein du Congrès du Lesotho pour la démocratie, des tensions internes au parti finirent par le contraindre à prendre une décision majeure. En 2017, après avoir été suspendu du LCD, Mochoboroane choisit de fonder son propre parti politique, le Movement for Economic Change (MEC). Cette nouvelle formation, officiellement lancée le 1er février 2017, se donnait pour objectif de promouvoir un changement économique dynamique et de lutter contre la corruption tout en plaçant le développement socio-économique au centre du débat politique.
La création du MEC fut un moment charnière dans la carrière de Mochoboroane. Il devint ainsi l’un des plus jeunes leaders de parti politique du pays, une position qui exigeait à la fois innovation, leadership et capacité à fédérer. Aux élections générales de juin 2017, le MEC obtint environ 5 % des voix et remporta plusieurs sièges au Parlement, dont celui de son fondateur dans sa circonscription. Cet exploit, pour un parti nouvellement créé, a consolidé la stature politique de Mochoboroane et montré l’attrait de sa vision auprès d’un électorat avide de changement.
Multiples responsabilités ministérielles : une carrière au service du public
Après son accession à l’Assemblée nationale, Selibe Mochoboroane a occupé un certain nombre de postes ministériels qui ont élargi son influence et démontré sa polyvalence politique. Parmi les fonctions qu’il a assumées figurent celles de ministre des Communications, de la Science et de la Technologie, ministre de l’Énergie, ministre du Développement des petites entreprises et des coopératives, ainsi que du ministère du Développement et de la Planification.
Dans chacun de ces rôles, il s’est attaché à promouvoir des politiques visant à stimuler la croissance économique, à soutenir les entrepreneurs locaux et à moderniser les secteurs clés de l’administration publique. Sa capacité à naviguer entre différents domaines ministériels témoigne de sa compréhension approfondie des enjeux nationaux et de son engagement à travailler pour l’intérêt général.
En plus de ses fonctions au sein du gouvernement, il a également été président du Comité des comptes publics (Public Accounts Committee) du Parlement, où il a joué un rôle important dans la surveillance de l’utilisation des fonds publics et la lutte contre la corruption.
Ministre de la Santé : défis et réformes
La nomination de Selibe Mochoboroane au poste de ministre de la Santé en octobre 2022, dans le gouvernement dirigé par Sam Matekane, a marqué une nouvelle étape majeure dans sa carrière. Cette position stratégique l’a placé au cœur de l’un des secteurs les plus sensibles pour la population basotho : la santé.
Depuis sa prise de fonction, il s’est engagé dans un ambitieux programme de transformations du système de santé. Sous sa direction, le ministère s’est concentré sur plusieurs priorités clés, notamment le renforcement des campagnes de vaccination, en particulier contre le virus du papillome humain (HPV), avec comme objectif de réduire le taux de cancer du col de l’utérus parmi les femmes basotho.
En outre, Mochoboroane a lancé des initiatives pour améliorer l’accès aux traitements contre le cancer, notamment par la construction d’un centre de traitement oncologique sur le territoire national, afin de réduire la nécessité pour les patients de voyager à l’étranger pour des soins spécialisés. Il a également mené des réformes visant à rationaliser les politiques de référence médicale et à régler les dettes accumulées avec des hôpitaux partenaires à l’étranger.
Parallèlement, il a travaillé à intégrer davantage les travailleurs de santé communautaires dans le système formel, améliorant ainsi la collecte de données sanitaires et la qualité des soins de base dans les zones rurales.
Vie personnelle et engagement social
En dehors de sa carrière politique, Selibe Mochoboroane est également un homme de famille. Il est marié et père de plusieurs enfants. Sa vie personnelle reste relativement discrète, mais elle illustre l’équilibre qu’il cherche à maintenir entre ses responsabilités publiques et sa vie familiale.
Au fil des années, il s’est forgé une réputation de leader déterminé, attaché à la promotion de l’intégrité et de l’efficacité dans la gestion des affaires publiques. Cette réputation est le fruit d’un engagement constant en faveur de la transparence, de la responsabilité et du bien-être des citoyens basotho.
Héritage et perspectives futures
À seulement cinquante ans, Selibe Mochoboroane demeure une figure centrale dans la politique de son pays. Son parcours, marqué par une ascension rapide, une diversité de postes ministériels et la création d’un parti politique dynamique, lui confère une stature qui dépasse les frontières traditionnelles de la politique locale.
Aujourd’hui, sa priorité en tant que ministre de la Santé demeure l’amélioration du système de santé national, avec des initiatives concrètes visant à lutter contre les maladies graves, à renforcer la couverture vaccinale et à rapprocher les soins de la population. Son leadership est scruté comme un élément clé pour relever les défis sanitaires du Lesotho dans un contexte mondial en mutation.
En somme, Selibe Mochoboroane représente cette génération de dirigeants africains qui tentent de conjuguer réforme, responsabilité et développement durable. Son influence grandissante sur la scène politique basotho laisse entrevoir une trajectoire qui pourrait continuer à façonner l’avenir socio-politique de son pays pour les décennies à venir.



